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» Histoires » Alphabétique » L-P

LE PETIT POUCET

 

Il était une fois un bûcheron et une bûcheronne qui habitaient dans

une toute petite maison au milieu d'une grande forêt. Ils avaient

sept garçons, et leur dernier fils était si petit à la naissance qu'on

l'avait surnommé le Petit Poucet. Ils étaient très pauvres et

n'avaient pas toujours assez à manger. Caché sous la table, il

entendit un soir son père dire à sa mère :

" Nous n'avons plus un seul morceau de pain, et je n'ai pas trouvé

de travail. Nous ne pouvons plus nourrir nos enfants. Demain nous

les emmènerons ramasser du bois dans la forêt et nous les

perdrons. Le Petit Poucet alla vite dehors ramasser des petits

cailloux blancs. Il en remplit ses poches et alla se coucher.

Le lendemain matin la mère réveilla les enfants en leur disant :

" Venez vite nous aider à ramasser du bois dans la forêt. Ils

partirent tous. Le Petit Poucet marchait en dernier, et il semait

ses cailloux, pour être sûr de pouvoir retrouver la route le soir.

Quand ils furent arrivés au milieu de la forêt, le père leur dit :

" Je vais aller couper du bois plus loin avec votre mère. Faites

des fagots avec des brindilles et attendez-nous pour rentrer."

Les enfants ramassèrent beaucoup de bois. Mais à la fin de la

journée, la nuit commençait à tomber et les parents n'étaient

toujours pas là. On entendait le bruit des animaux nocturnes

et les enfants commençaient à avoir peur.

" Nous sommes perdus, crièrent-ils en pleurant. Nous allons

être dévorés par les loups !

- Ne vous en faites pas , dit le Petit Poucet. Suivez-moi, je vais

vous ramener à la maison. " Et comme les petits cailloux blancs

brillaient à la lumière de la lune, ils purent rentrer sans difficulté

à la maison. Leurs parents furent tout contents de les retrouver :

on venait de leur apporter un gros morceau de pain et ils étaient

ravis de le partager avec leurs enfants.

Mais une semaine plus tard, la nourriture manqua de nouveau.

Et le Petit Poucet entendit que ses parents voulaient encore

les perdre. Mais ce jour-là, la porte de la maison étaient fermée

et il ne put aller ramasser des cailloux.

" Cela ne fait rien, se dit-il, je sèmerai demain matin les miettes

de ma tartine. " Et le lendemain, il fit tomber des petites miettes

de pain tout le long du chemin.

Quand ils furent arrivés au milieu de la forêt le père leur dit :

" Je vais aller couper du bois plus loin avec votre mère. Faites

des fagots avec des brindilles et attendez-nous pour rentrer. "

Les enfants ramassèrent beaucoup de bois. Mais en fin de

journée, la nuit commençait à tomber et les parents n'étaient

toujours pas là. On entendait les bruits des animaux nocturnes

et les enfants commençaient à avoir très peur.

" Nous sommes perdus. Nous allons être mangés par les

loups, crièrent-ils en pleurs !

- Ne vous en faites pas, dit le Petit Poucet. suivez-moi, je vais

vous ramener à la maison. Mais les oiseaux avaient mangé

toutes les miettes de pain et le Petit Poucet ne put retrouver

son chemin. Alors il grimpa en haut d'un arbre pour voir s'il

n'apercevait pas la lumière d'une maison. Il fut tout content

d'en apercevoir une qui n'était pas très éloignée, et il y conduisit

ses frères. Ils frappèrent à la porte :

" Qui est là ? demanda la voix d'une dame.

- Nous sommes sept petits garçons perdus. Pouvez-vous nous

abriter pour la nuit ?

- Mes pauvres enfants, vous êtes dans la maison de l'ogre ! Il va

vous dévorer si vous restez ici.

- Mais si nous restons dans la forêt, nous serons mangés par les

bêtes féroces.

- Je vais essayer de vous cacher. Allez vite au fond de la grande

armoire. " Un peu plus tard l'ogre rentra chez lui. Il renifla très fort

et il dit : " Ca sent la chair fraîche !

- C'est le gigot que je t'ai préparé, dit la femme en le posant sur

la table. " L'ogre dévora le gigot, puis les deux jambons et les

six saucissons qui étaient dans le garde-manger. Mais il continua

à renifler :

- Tu me caches quelque chose ! cela sent la chair fraîche ! " Et en

fouillant dans la pièce, il finit par découvrir le Petit Poucet et ses

frères.

" Miam ! Sept petits garçons ! Je vais les dévorer tout de suite !

- Tu as tort, lui dit sa femme. Tu as bien mangé. Tu vas avoir une

indigestion. Tu ferais mieux de les garder pour ton déjeuner de

demain. Je vais aller les coucher là-haut, et tu les mangeras

demain. " Et la femme de l'ogre installa le Petit Poucet et ses

frères dans un grand lit. Il y avait un autre lit dans la pièce, où

dormait les sept filles de l'ogre, qui avaient toutes une couronne

sur la tête. Avant de s'endormir, le Petit Poucet retira son bonnet

celui de ses frères, et les mit aux petites ogresses, et il se coiffa

ainsi que ses frères avec les couronnes. Au milieu de la nuit,

l'ogre se réveilla et se dit : " J'ai eu tort de ne pas tuer ces petits.

garçons tout de suite. Je vais prendre mon grand couteau et les

tuer maintenant. " Il alla dans la chambre et se dirigea vers le lit

des garçons. Au moment où il allait leur couper la tête, il sentit

les couronnes : " je suis vraiment fatigué ! J'allais tuer mes filles !

Il alla à l'autre lit, sentit les bonnets et coupa le cou de tous les

enfants. Puis il se recoucha. Dès qu'il fit jour, le Petit Poucet

réveilla ses frères et leur fit quitter la maison.

Et ils partirent vite vers la forêt. Quand l'ogre se réveilla et qu'il

se rendit compte qu'il avait tué ses filles, il se mit très en colère.

Il chaussa ses bottes de sept lieues et il partit à la poursuite des

garçons. Mais quand ceux-ci entendirent son pas, ils se

cachèrent sous un rocher. Et l'ogre qui était fatigué de chercher

finit par s'endormir. Le Petit Poucet s'approcha alors de lui, et lui

retira tout doucement ses bottes. C'étaient des bottes magiques :

dès qu'il les enfila, elles prirent la taille de son pied. Il partit vite

pour le château du roi, qui avait besoin d'un messager. Le roi fut

si content des services du Petit Poucet qu'il lui donna un grand sac

d'or.

Alors le Petit Poucet vint rechercher ses frères et les ramena à la

maison. Et avec toutes les richesses que le roi leur avait données,

ils vécurent tous heureux et n'eurent plus jamais faim.

 

         

                     LE MONTREUR DE MARIONNETTES

 

Un jour que moi, Hans Andersen, je voyageais sur un beau voilier,

j'ai rencontré un homme à l'air si joyeux que j'ai tout de suite

pensé : "Voilà, à mon avis, le plus heureux des hommes."

J'engageai la conversation, et je sus que je ne m'étais pas

trompé : "Je suis un homme comblé, me dit-il, et plus encore

depuis que m'est arrivée l'aventure que je vais vous conter.

" Il poursuivit : "J'aime mon métier plus que toute autre chose.

Je vais par les chemins, m'arrête dans chaque ville et chaque

village, et je tire de ce simple coffre que vous voyez là tout ce

qu'il faut pour amuser les petits et les grands.

Vous l'avez deviné : je suis montreur de marionnettes.

Un soir que je donnais une représentation à la poste de la ville de

Slagelse, tous les enfants semblaient bien s'amuser. Mais au bout

d'un moment, l'un des spectateurs attira mon attention. C'était un

jeune homme, portant un habit noir. A chaque fois que mon histoire

devait faire rire, il riait exactement au bon moment, et à gorge

déployée. Cela ma remplissait de joie. Et lorsque j'espérais

simplement un sourire, il souriait de bon cœur. Je n'avais jamais

eu un spectateur si attentif et si plaisant. Ce sympathique jeune

homme était, m'apprit-on, un ingénieur qui faisait des conférences

en province. Et justement, ce soir-là, après que les enfants furent

allés se coucher, tout le monde fut invité à venir l'écouter. Je devins

donc à mon tour son spectateur. Je dois l'avouer, nombre de ses

paroles m'entraient dans une oreille pour ressortir par l'autre,

comme on dit, car je ne comprenais pas grand-chose aux secrets

de sa science. Cependant, pour ce que j'en compris, je sus que

cet ingénieur était un homme extraordinaire. Il parlait, en effet,

avec une telle facilité de ses inventions et de ses découvertes

qu'on eut dit que tout cela ne lui avait coûté aucun effort.

A mon avis, si ce jeune homme avait vécu en d'autres temps,

on l'aurait accusé de sorcellerie et brûlé vif sur le bûcher.

Lorsqu'il eut terminé son discours, il m'invita à sa table. Nous

nous entretînmes de divers sujets, parlant aussi bien de sa

science que de mes marionnettes, et à un moment,

je lui dis que je me considérais comme l'une des plus heureuses

personnes qui soient sur terre.

- Ah, vraiment ?, me répondit-il.

- Certainement. je ne désire rien de plus que d'être toujours bien

reçu comme je le suis avec ma petite troupe. "

Puis, en réfléchissant, je me rappelai une envie qui m'avait pris :

"Quoique... Il y a peut-être quelque chose... Voyez-vous, il m'est

arrivé de penser, qu'au lieu de faire un spectacle de marionnettes,

j'aimerais bien diriger des acteurs, des personnages de chair et

de sang... Alors là, je serais sans doute vraiment le plus heureux

des hommes."

Le jeune ingénieur ne croyait pas que cela puisse me rendre plus

heureux, mais moi, je le croyais, et il ne parvint pas à me faire

changer d'avis. Le vin que nous buvions était bon, et...je dois

avouer que je fus vite un peu grisé, au point que j'étais persuadé

que mes vœux seraient exaucé. Soudain l'ingénieur me souleva

et me fit tournoyer en l'air à travers une gigantesque spirale avec

mon coffre ; je tournais, et je tombais, et je me retrouvais assis

par terre... Le coffre s'était ouvert, et voilà que mes marionnettes

bondirent hors de celui-ci. A peine avaient-elles sauté à terre

qu'elles se mirent à parler, et lorsqu'elles furent toutes sur le

plancher, il y eut une cacophonie épouvantable, car elles

parlaient toutes en même temps. La danseuse disait :

"Si je ne tenais pas sur une jambe, toute la maison s'écroulerait !

Je suis donc la personne la plus importante et je veux être traitée

comme telle !" Celui qui jouait le facteur disait : "Comme c'est moi

qui apporte les lettres d'amour, tout le monde doit être gentil avec

moi !" Quant à la princesse, elle voulait que tout le décor autour

d'elle soit rouge, parce que, disait-elle, c'était la couleur qui lui

allait le mieux. Le prince quant à lui exigeait de n'avoir à dire que

des répliques de sortie, car c'étaient celles-là qui étaient les plus

applaudies. Les acteurs parlaient de plus en plus fort, ils ne

m'écoutaient pas le moins du monde, et je fus obligé de leur crier :

"Débrouillez-vous ! Après tout, vous n'êtes que des marionnettes !"

Celles-ci se mirent alors dans une colère incroyable et me battirent

à mort. A ce moment je me réveillai en sursaut. Je me trouvais

dans mon lit ; un rayon de soleil m'avait sorti de mon sommeil.

Je vis les marionnettes immobiles, éparpillées sur le sol, dans un

désordre indescriptible. Je me demandai où était passé l'ingénieur,

mais nulle part je ne vis trace de lui. Je me levai, m'emparai des

personnages qui étaient redevenus de bois et de chiffon, et je les

rangeai tous dans la malle. Je refermai le couvercle avec soin,

content que cette soirée effrayante soit terminée, et jamais, plus

jamais, je n'ai eu envie qu'ils deviennent de vrais acteurs.

Aujourd'hui, je continue à parcourir le pays en transportant mes

petits amis. J'ai du succès, je gagne bien ma vie, et mes

marionnettes sont encore plus applaudies que certains grands

acteurs de théâtre ! Maintenant, je suis certain d'être le plus

heureux des hommes. Et si l'on me demande pourquoi, je parle

volontiers de mon aventure, pour le plaisir de raconter une

histoire".

 

         

               LA PETITE FILLE AUX ALLUMETTES

 

C'était la veille de la nouvelle année, le temps était terriblement

froid ce soir-là. La nuit était très noire et il neigeait à gros flocons.

Au milieu de cette obscurité, une petite fille marchait dans la rue la

tête et des pieds nus. En quittant sa pauvre maison, elle portait des

pantoufles tout usées et beaucoup trop grandes pour elle mais, en

traversant la rue et en se dépêchant pour se faufiler entre deux

fiacres, elles les avait perdues.

L'une avait disparu aussitôt sous les roues d'un cocher pressé,

l'autre avait été emporté par un gamin qui voulait en faire un

bateau.

L'enfant trottinait avec ses pauvres pieds nus bleus de froid.

Elle portait dans son vilain tablier une grande quantité d'allumettes

et en tenait également un paquet à la main. La journée avait été

très mauvaise, personne ne lui avait acheté la moindre allumette.

Elle avait froid, faim et très peur de rentrer chez elle car son père la

battrait s'il la voyait revenir sans le moindre sou. La neige continuait

à tomber et les flocons faisaient comme des duvets de cygne sur

ses jolis cheveux blonds et bouclés. Comme elle s'en moquait de

ses cheveux ! Elle savait seulement que c'était la veille du jour de

l'an et que tous les petits enfants allaient se réunir avec leurs

parents pour un grand repas de fête.

Entre deux maisons, la petite fille s'assit de plus en plus transie et

glacée. A quoi bon rentrer chez elle où son père serait en colère et

où, de toute façon, il faisait presque aussi froid que dehors, tant le

vent soufflait fort à travers les larges fentes des murs. L'enfant ne

pouvait presque plus bouger ses doigts raidis par le froid.

Elle se dit qu'une allumette, rien qu'une seule, la réchaufferait :

elle en fit craquer une. Il y eut un joyeux craquement et la flamme

monta claire et chaude le long de sa main. La fillette eut

brusquement l'impression d'être assise devant un bon grand poêle

de cuivre. Déjà, elle étendait ses pieds pour les réchauffer aussi.

Trop tard ! Le poêle avec sa chaleur avaient disparu et il ne restait

plus qu'une allumette noircie au bout de ses doigts.

L'enfant décida d'en frotter une deuxième dont la flamme fut encore

plus lumineuse et plus belle. La petite pouvait voir une pièce avec

une table recouverte de jolies faïences. Une oie énorme et grasse

toute dorée était posée dans un joli plat. Subitement l'oie roula de la

table et disparut, il n'y avait plus devant l'enfant que la petite poule

grise et froide. C'était insupportable, la fillette voulait revoir ce

poêle qui ronronnait si joyeusement, cette oie appétissante et qui

sentait si bon...

La petite marchande fit craquer une troisième allumette et se vit

transporter immédiatement dans une jolie maison où se dressait,

tout scintillant, un grand arbre de Noël avec ses guirlandes et ses

boules de toutes couleurs.

Des fruits et des jouets étaient aussi accrochés aux branches. Des

enfants, qui couraient en chantant autour de l'arbre, lui prirent la

main et l'entraînèrent dans leur ronde. La fillette voulut courir aussi,

mais de nouveau, ce fut la nuit.

Les étoiles commençaient à briller au-dessus de la rue sombre et

déserte. Quelques rares passants, pressés d'aller retrouver leurs

amis et leurs familles, marchaient à grandes enjambées sans voir,

entre deux maisons, l'enfant recroquevillée sur elle-même et qui

regardait le ciel. Une étoile filante traça une longue raie flamboyante

et la petite pensa que quelqu'un devait mourir. Sa vieille grand-

mère, qui lui avait appris cela : "Si une étoile tombe, c'est une âme

qui va à Dieu". Une allumette fut encore frottée et cette fois-ci la

grand-mère apparut comme autrefois avec son air doux et gentil.

"Grand-mère reste là, emmène-moi, ne me laisse pas seule.

Je sais que lorsque l'allumette s'éteindra, tu disparaîtras comme

tout ce j'ai pu voir jusqu'à présent. Comme le feu qui brûlait si bien,

comme l'oie qui sentait si bon, comme le sapin de Noël, tu

t'envoleras et moi, je resterai toute seule dans une rue sombre

sans personne pour s'occuper de moi et m'emmener dans une

maison où je n'aurai plus jamais ni froid, ni faim".

Terrifiée à l'idée d'être à nouveau abandonnée, l'enfant ne craqua

plus une allumette mais fit brûler tout le paquet. Sa grand-mère

reparut, elle était belle avec sa robe de velours noire qu'elle mettait

seulement les jours de fête. La vieille dame souriait avec tendresse

à sa petite-fille qu'elle prit dans ses bras. Toutes les deux

s'élevèrent vers le ciel dans la grande lumière du paquet

d'allumettes et arrivèrent au Paradis.

Le jour de l'an se leva, il faisait encore gris et sombre. Un piéton

découvrit dans un coin une petite fille aux cheveux bouclés pieds

nus, et sans vie. Partout autour d'elle, il y avait des bouts

d'allumettes noircis.

La pauvre petite a voulu se réchauffer, pensa l'homme qui ne se

douta pas que l'enfant avait quitté le monde dans une belle lumière,

en tenant sa grand-mère par la main.

 

         

LE LOUP ET LES SEPT PETITS

CHEVREAUX

 

Il était une fois, une maman chèvre qui habitait avec ses sept

enfants dans une grande maison près de la forêt. Elle était très

isolée et loin du village. Un jour elle leur dit : "Il n'y a plus beaucoup

de provisions. Il faut que j'aille au village faire des courses. Vous

allez rester bien sagement à la maison et vous n'ouvrirez la porte à

personne jusqu'à mon retour. Attention ! Un très méchant loup

habite la forêt, il ne faut surtout pas le laisser entrer : il vous

dévorerait tous !

- Promis, maman ! Nous serons très sages ", répondirent les petits

chevreaux. Maman chèvre a pris son panier sous sa patte, a fermé

la porte et est partie. Mais le loup qui guettait dans la forêt a vu que

les chevreaux étaient seuls et il s'est dit :

" Mmm, moi qui avais faim, je vais pouvoir faire un bon déjeuner.

Sept petits chevreaux bien gras ! Quel régal ! Il a été frapper à la

porte et il adit avec sa grosse voix : "Je suis votre maman chèvre,

ouvrez-moi vite !"

Mais les petits chevreaux répondirent : "Non, tu n'es pas notre

maman chèvre ! Notre maman chèvre a une voix toute douce !

Et toi tu as une vilaine grosse voix ! Tu es le loup ! Va-t-en !"

Alors le loup alla vite au village, se précipita chez l'épicier et lui

vola un pot de miel. Il avala tout le pot et il revint frapper à la porte

des petits chevreaux. Et avec une voix toute douce, il dit :

"Je suis votre maman chèvre, ouvrez-moi vite !".

Mais il avait posé sa patte contre le carreau de la fenêtre. Et les

petits chevreaux répondirent :

"Non, tu n'es pas notre maman chèvre. Notre maman chèvre a

une jolie patte blanche. Et toi tu as une vilaine patte noire. Tu es

le loup ! Va-t-en ! Mais le loup courut de nouveau au village, il alla

chez le boulanger et il lui vola de la farine. Il couvrit sa patte de

farine et il revint frapper à la porte des petits chevreaux. "Je suis

votre maman chèvre, ouvrez-moi vite !, dit-il. Et comme il avait

une voix toute douce et une patte toute blanche les petits chevreaux

ouvrirent la porte. Lorsqu'ils virent qu'ils avaient ouvert au loup, ils

hurlèrent de peur et ils se dépêchèrent de se cacher dans la

maison : le premier se cacha sous le lit, le second sous la table,

le troisième derrière les rideaux, le quatrième dans la grande

horloge, le cinquième dans la baignoire, le sixième derrière la

porte, le septième sous la commode.

Mais le loup les trouva tous et les dévora tous les uns après les

autres, sauf celui qui était caché dans la grande horloge.

Un peu plus tard, maman chèvre rentra du marché. Et en cria :

"Mais que se passe-t-il ? Petits chevreaux, où êtes-vous ?

Répondez-moi !" Alors le petit chevreau qui était au fond de la

grande horloge sortit de sa cachette et lui raconta tout ce qui

était arrivé.

"Ne t'en fais pas, dit la maman. J'ai aperçu le loup qui dormait près

de la rivière. Nous allons sauver tes frères et tes sœurs. Va vite me

chercher mes affaires de couture : mes ciseaux, du gros fil et une

aiguille." Le petit chevreau se dépêcha d'obéir. Maman chèvre et

le petit chevreau partirent alors pour le bord de la rivière.

Avec ses grands ciseaux, maman ouvrit le ventre du loup :

cric ! crac ! cric ! Tous les petits chevreaux sortirent un à un, ils

s'ébrouèrent et ils étaient bien content de se retrouver dehors !

Maman chèvre leur dit : "Que chacun d'entre vous m'apporte une

grosse pierre, bien ronde et bien lourde." Tous les petits chevreaux

partirent chercher des pierres et ils les rapportèrent à leur maman.

La maman mit toutes les pierres dans le ventre du loup, puis elle le

recousit avec son gros fil. Le loup dormait si profondément qu'il ne

le sentit même pas ! "Maintenant, mes enfants, nous allons vite

rentrer à la maison avant que le loup se réveille !"

Les petits chevreaux ne se le firent pas dire deux fois, et ils

partirent vite avec leur maman. Un peu plus tard, le loup se réveille.

Il se sentait très lourd... Il se dit :"J'ai vraiment mangé trop de

petits chevreaux pour mon déjeuner ! Je ferais mieux d'aller boire

un peu !

Cela m'aidera à digérer !"

Et le loup se pencha au-dessus de la rivière.

Mais comme les pierres étaient très lourdes, il tomba au fond et

se noya.

Et l'on n'a plus jamais entendu parler de ce méchant loup-là.

 

         

PIERRE ET LE LOUP

 

Il était une fois, dans un pays appelé Russie, un petit garçon qui

répondait au nom de Pierre. Il habitait chez son Grand-Papa dans

une jolie maison de bois. Un jour le petit Pierre eut envie de

prendre l'air. Il sortit du jardin de son grand-père, laissant le portail

grand ouvert. Non loin de là, poussait un grand arbre. Pierre y

retrouva son ami le petit oiseau. Comme la clôture était ouverte, le

canard en profita pour sortir lui aussi et aller faire un plongeon dans

la mare. Le petit oiseau vint se poser sur la rive et commença à se

moquer de lui : "Toujours je te vois nager, Canard, lui dit-il, ou bien

encore marcher.

Mais quel genre d'oiseau es-tu si tu ne peux nager ?", lui répondit le

canard. Et ils continuèrent à se chamailler, chacun voulant avoir le

dernier mot.

Non loin de là, se promenait le chat. Tout doucement,

silencieusement, il se glissait entre les hautes herbes. "Oh ! Quel

beau ramage ! Quels jolis gazouillements ! se dit-il en entendant le

petit oiseau. Voilà qui fera, à mon avis, un délicieux déjeuner."

Il s'approchait de plus en plus près. "Attention !", cria Pierre.

L'oiseau eut tout juste le temps de se percher sur la branche. Le

canard, resté au milieu de la mare lançait au chat de grands

coin-coin courroucés. Le chat regardait le petit oiseau en se

demandant : "Cela vaut-il la peine que je me fatigue à grimper dans

l'arbre pour attraper ce satané volatile ? Le temps que j'arrive

là-haut, je parie qu'il aura déjà pris son envol." C'est alors que le

grand-père sortit de la maison. "Pierre ! cria-t-il en colère, je t'ai

pourtant demander de ne pas quitter le jardin.

Et si le loup venait à se montrer ? Allons reviens immédiatement

à la maison." Pierre trouvait qu'il était bien assez grand pour aller

s'amuser où il voulait, et il n'avait plus peur des loups depuis

longtemps. Mais son grand-père le prit vivement par la main et

l'entraîna vers la maison, après avoir soigneusement refermé la

clôture du jardin. Bien l'en avait pris, car un instant plus tard, un

grand loup noir sortit des bois. Effrayé, le chat bondit sur l'arbre.

Mais le pauvre canard s'élança bien imprudemment hors de la

mare en caquetant. Et le loup qui l'avait vu était bien décidé à

l'attraper. "Miam ! Miam ! se disait-il en courant après, je vais

me régaler." Et le canard épouvanté sentait le loup se rapprocher,

se rapprocher encore... Il était là, tout près, il allait l' avaler... Et

il n'en fit qu'une bouchée !

Après ce petit hors-d'oeuvre, le loup avait encore faim. Il fit

quelques pas et se mit à roder autour de l'arbre. D'un côté, il y

voyait le chat, toujours perché, qui tremblait de tous ses

membres ; et de l'autre,le plus loin possible du chat, était posé

le petit oiseau, immobile sur sa branche. A travers la clôture du

jardin, Pierre observait attentivement la scène. Il n'avait pas peur

du tout. Un grand mur entourait le jardin, et l'arbre se trouvait juste

de l'autre côté. l'une de ses branches passait par-dessus le mur.

Pierre eut alors une idée. S'accrochant à la branche, il monta dans

l'arbre et rejoignit le petit oiseau.

"Écoute-moi bien, lui dit-il. Tu dois suivre exactement mes

indications. Tu vas voler au-dessus de la tête du loup, en tournoyant

dans les airs comme tu sais si bien le faire. Et il ne faudra pas

t'éloigner de l'arbre. Mais attention ! Surtout, prends bien garde à ce

qu'il ne t'attrape ! C'est bien compris ?

- Mais oui", répondit l'oiseau. Pierre redescendit et sauta dans le

jardin. Il courut à la maison chercher une grosse corde et fabriqua

un lasso.

Pendant ce temps le petit oiseau voletait juste au-dessus des crocs

menaçants. Comme il énervait le loup ! Et comme le loup avait

envie de le manger ! Pierre, remonté dans l'arbre, fit tournoyer son

lasso au-dessus de sa tête, visa la gueule du loup et le lança le plus

adroitement qu'il put. Et comme par magie, le nœud coulant se

glissa du premier coup autour du cou de l'animal. Vite, Pierre tira

sur la corde pour serrer le nœud coulant et attacha l'autre extrémité

à une branche.

Le loup était pris au piège ! A ce moment, Pierre vit arriver trois

chasseurs qui sortaient de la forêt, sur la piste du loup. Cela faisait 

des jours et des jours qu'ils suivaient la trace de la bête.

"Ne tirez pas ! leur cria-t-il. J'ai attrapé le loup !

Maintenant aidez-moi plutôt à l'emmener au zoo !" Et l'on vit ainsi

défiler, parcourant fièrement le chemin qui menait au jardin

zoologique de la grande ville voisine, le petit Pierre, suivi des trois

chasseurs ; derrière eux marchait le grand-père accompagné du

chat.

Au-dessus de leur tête, l'oiseau sifflotait joyeusement une mélodie

qui disait : "Vous avez vu, vous avez vu ? Pierre et moi, nous

'avons eu !" Quant au grand-père, il faisait la moue et bougonnait dans sa

barbe :

"Tout cela est bien beau, mais si Pierre n'avait pas réussi à attraper

le loup, qui sait ce qui serai arrivé ?"

Et, en tendant l'oreille, on pouvait entendre une petite voix étouffée

qui disait : "Sortez-moi de là ! Sortez-moi de là ! C'était, tout au

fond du ventre du loup, le canard qui cancanait en gesticulant.

Car le loup était si pressé qu'il l'avait avalé tout vivant !

Heureusement, une fois arrivée au zoo, on parvint à faire rendre

gorge au loup et à sauver d'une mort affreuse le malheureux

petit canard.

 

         

PINOCCHIO

 

Il était une fois un vulgaire morceau de bois qui provenait d'un tas

de bûches. Je ne sais pas comment cela arriva, mais le fait est

qu'un beau jour, ce bout de bois se retrouva entre les mains de

Gepetto, le menuisier. Le rêve de Gepetto était de fabriquer un

pantin qui saurait danser, manier l'épée et faire des sauts périlleux.

Un pantin de bois qu'il baptiserait Pinocchio. Ainsi donc, Gepetto

commença à tailler son bout de bois. Il lui sculpta des cheveux,

puis un front et une bouche.

Le visage juste achevé, imaginez la stupeur du vieil homme en

constatant que les yeux de son pantin remuaient. Le pantin était

vivant, bien vivant ! Aussi, tout heureux, le vieil homme

s'empressa -t-il de lui sculpter un cou, des épaules, puis tout le

reste du corps.

A peine Pinocchio fut-il achevé qu'il se jeta dans les bras de son

papa pour l'embrasser, et se mit à danser. Très pauvre, Gepetto

lui fabriqua alors un habit de papier à fleurs, une paire de

chaussures d'écorce et un bonnet de mie de pain. Pour devenir un

vrai petit garçon, Pinocchio devait aussi aller à l'école.

C'est pourquoi, dès le lendemain, un beau cahier neuf sous le bras,

notre pantin prit le chemin des écoliers. En route il rencontra un

vilain bonhomme, si laid qu'il faisait peur à regarder. Sa longue

barbe était plus noire qu'un gribouillage d'encre. Ses yeux

étincelaient comme des lanternes rouges.

Terrorisé, Pinocchio s'enfuit et courut aussi longtemps que les

jambes de bois le portèrent. Il arriva dans un champ où il trouva

cinq pièces d'or qu'il voulut ramener à son pauvre père. A l'orée

d'un bois Pinocchio rencontra un renard boiteux et un chat aveugle

qui, clopin-clopant, avançaient en bons compagnons de malheur.

"Bonjour Pinocchio, dit le Renard. Oh ! Les belles pièces d'or.

De ces cinq misérables écus, veux-tu en faire cent, mille, deux

mille ? Au pays des Nigauds, il y a un champ béni que tout le

monde appelle le Champ des miracles. Si tu y creuses un trou pour

y déposer un seul écu d'or. Le lendemain tu trouveras là un arbre

chargé d'autant de pièces d'or qu'un bel épi peut contenir de

grains." Oubliant toutes ses bonnes résolutions, Pinocchio

s'exclama : "Allons-y tout de suite !".

Et ils marchèrent, et ils marchèrent. Au crépuscule, prétextant

quelque visite, ses nouveaux amis le quittèrent. Et Pinocchio

poursuivit seul son chemin, dans la forêt épaisse et obscure.

Soudain deux silhouettes menaçantes jaillirent des taillis.

"La bourse ou la vie !", s'écria l'un des bandits armé d'un couteau.

Prompt comme l'éclair, Pinocchio lui happa la main qu'il coupa

net d'un coup de dents. C'était en fait une patte de chat, celle de

celui qu'il croyait son ami. Notre pantin s'enfuit à travers la forêt.

Mais, crac ! un piège se referma sur sa cheville. Pinocchio fut

pris d'un tel tremblement que l'on entendait cliqueter les jointures

de ses jambes de bois.

Comme par magie apparut alors une enfant belle comme un ange

aux cheveux bleus et au visage blanc de cire. Elle libéra le pantin

et lui dit d'une voix d'outre-monde : "Petit Pinocchio, rapporte ces

pièces d'or à ton papa.

- Je les ai perdues", mentit Pinocchio qui en réalité les avait dans

sa poche. A peine eut-il prononcé ce mensonge que son nez, déjà

long, s'allongea, devint si démesuré qu'il ne pouvait plus se tourner

de quelque côté que ce fut. La belle enfant, qui n'était autre qu'une

fée, se mit à rire. " Pourquoi riez-vous, demanda Pinocchio, soudain

honteux.

- Je ris des mensonges que tu oses proférer. On reconnaît toujours

les garnements de ton espèce à ce qu'ils mentent et ne vont pas

l'école."

Apitoyée, la bonne fée frappa néanmoins trois coups dans ses

mains, et ce nez énorme, disproportionné, retrouva sa dimension

naturelle.

"C'est bien fait pour moi ! J'ai voulu être paresseux, jouer au

vagabond, j'ai suivi les conseils de faux amis. La malchance me

poursuit. Si j'étais resté chez mon papa, je ne serais pas si

malheureux !" se lamentait notre pantin.

Et il jura à la fée d'être un bon petit garçon, de bien travailler

à l'école. Avant de disparaître, cette dernière frappa une dernière

fois dans ses mains et un pigeon apparut dans le ciel. "Pinocchio,

viens avec moi, dit celui-ci, je viens de voir Gepetto qui se

fabriquait une barque pour te chercher de l'autre côté de l'océan.

Cela fait si longtemps que le pauvre homme te recherche qu'il

est prêt à affronter les tempêtes pour te retrouver ! Il faut le sauver

avant qu'il ne soit trop tard." Pinocchio s'assit sur le dos du pigeon,

et ils s'envolèrent loin vers l'est. Gepetto était déjà au large,

Pinocchio eut juste le temps de voir une vague plus terrible que

les autres renverser la frêle embarcation. Cette dernière coula et

ne réapparut plus. "Je crains que ton père n'ait été avalé par le

terrible requin, se lamenta alors le pigeon. Ce monstre est plus

gros qu'une maison de cinq étages et sa bouche est si large et

si profonde qu'une diligence avec tous ses chevaux pourrait y

entrer." Effrayé par ces mots, Pinocchio perdit l'équilibre et

tomba dans les flots. Heureusement, le pantin de bois savait nager

et voulut rejoindre une île à l'horizon. Mais une horrible gueule de

monstre marin filait vers lui, et l'engloutit si brutalement qu'il tomba

inconscient dans le ventre du grand requin. Plusieurs jours

passèrent. Pinocchio se réveilla enfin et aperçut une lueur, loin au

fond de l'estomac du monstre. Là, au bout du tunnel, il rencontra,

devinez qui ? Son vieux papa, assis et fatigué. Oh ! Mon petit papa !

Je t'ai enfin retrouvé. Je serai un bon garçon dorénavant ! Mais

fuyons. Le requin dort encore". Tous deux escaladèrent la gorge du

monstre.

De son immense bouche, ils traversèrent toute la langue et

enjambèrent les trois rangées de dents. Pinocchio se jeta alors à

l'eau, prit son papa sur son dos, et se mit à nager. Abordant le

rivage de l'île que Pinocchio avait remarquée, ils s'endormirent

tous deux d'épuisement. Le pantin rêva d'une belle enfant aux

cheveux bleus et, s'éveillant, ouvrit des yeux grands comme ça !

Il n'était plus un pantin, mais était devenu un beau petit garçon.

A côté de lui gisait un vieux bout de bois...  

 

         

LE LIVRE DE LA JUNGLE

 

Il était une fois, dans une forêt lointaine qu'on appelait la Jungle, un

groupe d'animaux très bons et généreux : Père Loup et Mère Louve

Baloo, l'ours brun, Bagheera, la panthère noire, Tabaqui, le chacal

et Akela, le grand loup solitaire. Là, vivaient également : Sahi, le

porc-épic; Rikitikitavi, la mangouste; Mang, la chauve-souris; Mor,

le paon; Hathi, chef des éléphants,   les Bandar-log, le peuple singe

et, bien sûr, le méchant python, Kaa et shere Khan, le tigre toujours

affamé.

Un jour, alors qu'il chassait, Père Loup s'arrêta net, tendant

l'oreille :

"Quelque chose gravit la colline, dit-il à Mère Louve, tiens-toi prête".

Il y eu un froissement de branches dans le fourré et Père Loup se

mit en boule, prêt à sauter. Alors, si vous aviez été là, vous auriez

vu la chose la plus étonnante du monde :

un loup s'arrêtant à mi-bond !

Ayant pris son élan sans savoir ce qu'il visait, il tenta vainement de

se retenir. Il en résultat un saut d'à peine un mètre de haut et il

retomba presque au même point du sol qu'il avait quitté.

"Un homme, s'écria-t-il abasourdi. Un petit d'homme perdu au milieu

de la forêt... C'est un bébé. nous ne pouvons pas le laisser là, sinon

il va mourir tout seul dans la forêt. Emmenons-le avec nous et nous

l'élèverons tous ensemble au sein du Clan de la Jungle.

Nous l'appellerons Mowgli."

Et c'est ainsi que Mowgli, le petit homme, vécut pendant près de

dix années parmi les animaux de la forêt.

Jour après jour, Baloo, le grand ours brun vieux et insouciant, lui

enseignait à sa façon la Loi de la Jungle.

A travers l'épaisse végétation, Bagheera venait en flânant voir ce

que devenait son favori, et restait à ronronner, la tête contre un

arbre, pendant que Mowgli récitait à Baboo la leçon du jour.

L'enfant savait maintenant grimper presque aussi bien qu'il

nageait, et nageait presque aussi bien qu'il courait.

Aussi Baloo, Bagheera et les autres lui apprirent-ils les Lois des Bois

et des Eaux : distinguer une branche pourrie d'une branche saine,

parler poliment aux abeilles sauvages et avertir les serpents d'eau

avant de plonger dans les mares au milieu d'eux.

En outre, Mowgli apprit également le cri de chasse de l'Etranger,

qu'un habitant de la Jungle, toutes les fois qu'il chasse hors de son

terrain doit répéter à voix haute jusqu'à ce qu'il ait reçu une

réponse.

Il signifie : "Donnez-moi liberté de chasser ici, j'ai faim".

La réponse est : "Chasse donc pour ta faim, mais non pour ton

plaisir."

Ainsi, le petit Mowgli grandit avec les louveteaux et Père Loup lui

enseigna le sens des choses de la forêt, jusqu'à ce que chaque

frisson de l'herbe, chaque souffle d'air chaud dans la nuit le

hululement des hiboux, chaque saut du plus petit poisson prissent

la plus grande importance.

Lorsqu'il n'apprenait pas, il se couchait au soleil et dormait puis

il mangeait et se rendormait. Lorsqu'il se sentait sale ou qu'il avait

trop chaud, il se baignait dans les mares de la forêt et lorsqu'il

manquait de miel, il grimpait aux arbres pour en chercher.

Mowgli et ses amis vivent très heureux jusqu'au jour où arriva un

grand malheur : Aleka, le vieux chef, allait bientôt mourir. Dès lors,

Mowgli serait en danger, car plus personne n'assurerait la Loi de

la Jungle. Il faudrait se protéger, lui et ses amis les animaux, de

tous les intrus de la forêt, des loups ennemis et de Chera Khan, le

vieux tigre qui voulait le dévorer. Car le petit d'homme n'était pas à

sa place dans le Clan de la Jungle. Les autres animaux te haïssent

parce que leurs yeux ne peuvent soutenir l'éclat de ton regard, dit

Bagheera en croisant ses pattes sur les feuilles, parce que tu es

sage... parce que tu es un homme. Mon cher petit d'homme,

descends vite jusqu'aux huttes de la vallée, et prends-y un peu de

la Fleur Rouge que l'on fait pousser; ainsi, le moment venu, auras-tu

un allié plus fort que moi ou Baloo ou que ceux de la tribu qui te

chérissent".

Cette Fleur Rouge était "le feu" dont chaque animal éprouve, toute

sa vie, une crainte mortelle.

Ainsi fut fait et lorsque Mowgli revint, protégé par les braises

inscandescentes qu'il tenait au creux d'une pierre. Aleka le Solitaire

rassembla tous les animaux et dit : "Je suis vieux et vais mourir.

Mais le petit, que j'ai protégé jusqu'à présent, restera en vie

car il tient la Fleur Rouge dans ses mains : il est votre maître à

tous. Cependant Mowgli doit retourner parmi les siens car sa place

est là-bas, dans sa vallée..."

A ces mots, Mowgli commença à éprouver un sentiment douloureux

au fond de lui-même, quelque chose qu'il ne se rappelait pas avoir

senti jusqu'à ce jour : il sanglota et les larmes coulèrent sur son

visage. "Que se passe-t-il ? dit-il. Je ne sais pas ce qui m'arrive.

Vais-je mourir Bagheera ?

- Non, petit frère. Ce ne sont que des larmes, comme en ont les

hommes. Il faut maintenant que tu t'en ailles, Mowgli. Nous ne

t'oublierons jamais, jamais de toute notre vie que nous passerons

à parcourir les pistes de la forêt. Reviens au pied de la colline

quand tu seras un homme et nous parlerons à nouveau comme

nous l'avons si souvent fait.

- Je reviendrai sûrement dans la jungle" dit Mowgli.

Ne m'oubliez pas !

Dîtes-leur à tous de ne jamais m'oublier !". L'aurore commençait

à poindre quand Mowgli, le cœur serré, descendit la colline seul,

en route vers ces êtres mystérieux que l'on appelle les

H    o     m    m    e    s !

 

         

LE PRINCE CRAPAUD

 

Il était une fois un roi dont les filles étaient toutes d'une grande

beauté. Mais la plus jeune était si belle que le soleil, qui a

pourtant vu tant de choses, s'émerveillait chaque fois qu'il lui

éclairait le visage.

Tout près du château du roi, s'étendait une sombre forêt. Là,

sous un vieux tilleul, coulait une fontaine. Quand il faisait très

chaud, la princesse allait s'asseoir au bord de la fontaine.

Pour se distraire, elle lançait en l'air, puis rattrapait dans ses

mains une boule d'or. C'était son jeu préféré.

Il arriva qu'un jour, la boule d'or rebondit et tomba dans l'eau de

la fontaine. La fille du roi se mit à pleurer. Entre deux sanglots, elle

entendit une voix : "Mais qu'as-tu donc, jolie princesse, à pousser

des cris à fendre une pierre ?"

La jeune fille aperçut un crapaud dont la vilaine tête sortait de l'eau.

"Ah ! C'est toi, vieux barboteur ! dit-elle. Ma boule d'or est tombée

dans l'eau !"

- Ne pleure plus, dit le crapaud. Je peux y remédier. Mais que me

donneras-tu si je te rapporte ton jouet ?

- Tout ce que tu voudras, cher crapaud ! Mes robes, mes perles,

mes bijoux... même ma couronne d'or.

Le crapaud répondit : "Je n'ai pas envie de tes robes, de tes perles,

de tes bijoux ou de ta couronne d'or. Donne-moi seulement ton

affection. Accepte-moi comme compagnon de jeux. J'aimerai

m'asseoir à côté de toi à table, manger dans ton assiette d'or, boire

dans ton verre et dormir dans ton petit lit. Si tu me promets tout

cela, je plonge et je te rapporte ta boule d'or.

- Je te promets tout ce que tu veux. Va vite la chercher."

Mais elle pensait : "Ce pauvre crapaud a perdu la tête. Lui qui passe

tout son temps dans l'eau à coasser avec les autres crapauds,

comment pourrait-il tenir compagnie à une princesse comme moi ?

Il doit être très ennuyeux."

Fort de cette promesse, le crapaud plongea et réapparut à la

surface de l'eau, tenant dans sa gueule la boule d'or qu'il lança

dans l'herbe.

La princesse, toute joyeuse de retrouver son jouet, le ramassa et

s'en fut en courant. "Attends-moi ! cria le crapaud.

Je ne peux pas courir aussi vite que toi !

Mais la princesse ne prêtait aucune attention à ses cris. Elle rentra

au palais de son père et oublia le crapaud.

Le lendemain, comme elle était à table avec le roi et ses courtisans,

voici que...floc-floc...flic-flac...quelque chose montait le grand

escalier de marbre. Arrivée en haut, la chose frappa à la porte et

cria : "Fille du roi, la cadette, ouvre-moi !"

La princesse courut voir qui était dehors. Quand elle ouvrit la porte,

elle vit le crapaud. Elle claqua vivement la porte et reprit sa place à

table en tremblant. Le roi s'aperçut que le cœur de sa fille battait à

tout rompre. Il lui demanda : "Mon enfant, de quoi as-tu peur ?

Y aurait-il derrière la porte quelque géant qui voudrait t'enlever ?"

- Non, mon père, répondit la princesse. Ce n'est pas un géant, mais

un affreux crapaud.

- Que te veut-il donc ? demanda le roi très étonné.

- Hélas, mon père ! gémit la princesse. Je suis allée hier jouer dans

la forêt au bord de la fontaine. Ma boule d'or est tombée dans l'eau.

Je pleurais tellement que ce crapaud a plongé pour me la rapporter

en me faisant promettre de l'accepter comme compagnon de jeu.

Mais je n'aurais jamais imaginé qu'il quitterait la fontaine.

Et maintenant, il est là, derrière la porte et il veut entrer. Ils

entendirent, en effet frapper pour la seconde fois.

Et la voix du crapaud appela : "Fille du roi, la cadette, ouvre-moi !

As-tu déjà oublié la promesse donnée ?"

Le roi dit avec fermeté : " Ma fille, tu dois tenir ce que tu as promis.

Fais entrer ce crapaud". La princesse alla ouvrir la porte.

La crapaud la suivit jusqu'à la table et lui dit : "Prends-moi pour que

je puisse m'asseoir à côté de toi". La princesse hésitait :

"Fais ce que dit ce crapaud ! cria son père".

A peine le crapaud fut-il sur sa chaise qu'il sauta sur la table.

"Approche ta petite assiette d'or et mangeons ensemble ! "

La princesse s'exécuta, mais bien à contre-cœur.

Le crapaud se régala, tandis que la princesse pouvait à peine avaler

une bouchée.

J'ai tellement bien dîné que je me sens un peu fatigué, dit le

crapaud.

Emporte-moi dans ta chambrette, prépare-nous ton petit lit de soie.

Il est temps d'aller nous coucher". La princesse se mit à pleurer. Elle

avait peur de ce vilain crapaud froid qu'elle osait à peine toucher, et

qui voulait dormir avec elle dans son beau petit lit bien propre et bien

douillet.

Mais le roi se mit en colère : "Ma fille, on ne doit pas jamais

mépriser celui qui vous a aidé dans le malheur".

Alors, elle prit le crapaud entre deux doigts, le monta dans sa chambre

et le posa dans un coin.

A peine la princesse était-elle couchée, que le crapaud se glissa

vers elle et lui dit : "Je veux dormir tout contre toi. Prends-moi dans ton

lit, sinon je le dirai à ton père".

Rouge de colère, la princesse le saisit et le jeta de toutes ses forces

contre le mur. "Voilà pour toi, vilain crapaud ! "Mais, ô stupeur !

quand il retomba, ce n'était plus un crapaud, mais un beau prince aux

doux yeux pleins de tendresse. Il lui révéla qu'il avait été ensorcelé par

une terrible sorcière et que, seule la princesse avait le pouvoir de le

libérer de ce maléfice. Celle-ci en tomba immédiatement amoureuse.

Avec l'accord du roi, le prince épousa la princesse et lui promit de

l'emmener dès le lendemain dans son royaume.

 

         

MERLIN L'ENCHANTEUR

 

Il était une fois, une douce jeune fille qui vivait en Bretagne.

Elle était orpheline et menait une vie tranquille. Or, un jour, elle

tomba enceinte par l'opération de l'esprit du Malin. Lorsque

l'enfant naquit, un miracle se produisit. Car dès sa venue au

monde, il parlait le plus beau des langages ! Ce bébé prodige fut

baptisé Merlin.

Des années passèrent. Et au fur et à mesure que l'enfant

grandissait, ses dons particuliers se révélaient.

En effet, Merlin savait lire dans les pensées et possédait le pouvoir

de se métamorphoser pour revêtir les apparences les plus diverses.

Un jour mourut Uter-Pendragon, le souverain du royaume de

Bretagne.

Les Barons demandèrent à Merlin de désigner celui qui devait

succéder au roi.

"Attendons Noël", leur répondit l'Enchanteur. La veille de cette fête

majestueuse, tous les barons du royaume de Logres se réunirent et

parmi eux, Arthur qui devait bientôt être sacré chevalier de la Table

ronde.

Or en sortant de la messe, la foule poussa des : "Oh !" et des "Ah !"

Une grande pierre taillée, si gigantesque que personne n'aurait pu

la porter, était apparue au milieu de la place.

Au sommet, sous une épée magnifique enfoncée dans le roc jusqu'à

la garde, était écrit : "Celui qui ôtera cette épée de ce roc sera le roi

choisi par Jésus-Christ".

Immédiatement tous les nobles barons voulurent tenter leur chance,

espérant chacun être élu. Mais aucun ne parvint à faire bouger

l'épée. Tous firent des efforts surhumains, tirèrent à deux mains,

bloquèrent leur respiration, transpirèrent et rougirent sous la

tension.

Mais en vain. L'épée restait scellée dans la pierre et la foule

commença par se disperser, déçue de ne pas avoir trouvé son roi.

C'est alors que Merlin s'approcha d'Arthur, encore jeune adolescent,

qui regardait la scène sans avoir osé, à aucun moment, toucher

l'épée.

"Va chercher mon épée chez moi, lui demanda-t-il.

- Volontiers", répondit l'adolescent. Arthur sauta à cheval et fonça

vers le logis. Hélas ! il ne put trouver l'épée de l'Enchanteur ni

aucune autre et, contrarié, il revint en passant devant le rocher

merveilleux.

Tout à coup prenant son courage à deux mains, il s'approcha de la

pierre, saisit l'épée d'une main et la retira sans effort.

Aussitôt le rocher magique disparut comme par enchantement, et le

peuple en délire acclama son nouveau roi.

Quelque temps après le sacre du roi Arthur, Merlin l'enchanteur se

promenait en forêt de Brocéliande. Alors qu'il chevauchait et

admirait ces bois légendaires, qu'il se complaisait à la vue des

biches, des cerfs et des daims, il arriva près d'une fontaine où

une toute jeune fille était assise près de l'eau claire et pure.

Elle était si belle et si aimable que Merlin, pour la séduire,

décida de lui enseigner quelques enchantements.

Il lui apprit alors maintes choses que l'on a peine à imaginer,

comme transporter un château d'un lieu à un autre, marcher sur

l'eau sans s'enfoncer ni se mouiller, faire naître une source claire

et fraîche en un lieu les plus chauds et des désertiques.

Je vous promets de vous aimer si vous m'apprenez quelque autre

enchantement", avoua Viviane, la belle demoiselle.

Merlin prit alors une baguette magique.

D'une main il dessina un cercle, et dans l'instant, on vit sortir de la

forêt une foule de dames, de chevaliers, d'écuyers, comme si celle-

ci avait été habitée. Apparut alors un splendide château entouré

d'un magnifique jardin tout empli de fleurs à la senteur exquise.

Tout était féerique et tous se tenaient par la main, chantant et

dansant avec une grâce délicate.

Mais le castel, qui était invisible pour tout autre que Merlin et

Viviane, disparut dans les eaux limpides du lac aussi vite qu'il était

apparu.

Alors Viviane demanda, du ton le plus enjôleur :

"Bel ami, comment pourrais-je retenir auprès de moi un homme,

sans avoir besoin de cachot, de murs et de chaînes, de telle sorte

qu'il reste à jamais mon captif et qu'il ne puisse s'en aller sans mon

consentement ?"

A ces mots, Merlin baissa la tête en soupirant car il devinait le fond

de sa pensée.

"Je sais bien qui vous voulez enfermer à jamais. C'est moi et c'est

bien cruel à vous. Hélas ! Mon amour pour vous est si fort que je dois

satisfaire votre désir et me plier à votre volonté". Et Merlin lui

enseigna tous les enchantements qu'il connaissait.

Quelques années plus tard, un manant entra dans la forêt de

Brocéliande.

Tout à coup, il entendit une voix lointaine qu'il l'appelait, en même

temps qu'il vit devant lui une sorte de vapeur translucide, aérienne,

mais qui empêchait tout de même son cheval de passer :

"Hélas ! Brave paysan, disait la voix, va prévenir le roi Arthur que

Merlin l'Enchanteur est prisonnier à jamais d'un cachot de brume

dans lequel l'a enfermé Viviane, la belle jeune fille du lac.

Conte-lui ce qui m'est arrivé : un jour que je m'étais endormi dans

la forêt, Viviane s'approcha de moi et, fit un cercle magique autour

du buisson où je sommeillais.

A mon réveil, je me trouvais sur un lit magnifique, dans la plus belle

chambre qui ait jamais existé, mais aussi la plus fermée qui puisse

être...

Plus jamais le roi Arthur ne me reverra. Je suis prisonnier pour

l'éternité. Allez ! et que Dieu garda le roi et le royaume de Logres

et tous ses barons comme les meilleurs qui furent jamais."

Telles furent les dernières paroles de Merlin l'Enchanteur et

jamais plus on ne le revit.

 

         

LE MAGICIEN D'OZ

 

Dorothée vivait avec son oncle et sa tante dans une région

pauvre et désertique du Kansas, en Amérique. Leur maison

était une petite cabane en bois très modeste. Elle avait pour seul

compagnon de jeu un nommé Doggy : son gentil petit chien, vif

et intelligent.

C'était une région souvent dévastée par les cyclones.

Or, un jour, une terrible tornade s'abattit sur la région. Dorothée

n'eut pas le temps de se cacher dans la cave et se retrouva seule

avec Doggy dans la maisonnette.

Arrachée par le vent furieux, celle-ci, bien que ballotée dans tous

les sens, resta intacte. Cela dura si longtemps que la fillette finit

par s'endormir dans son lit.

Tout à coup, elle se réveilla, secouée par un grand choc.

Elle écouta : plus de bruit, plus de vent. Elle ouvrit alors la porte et

s'aventura dehors. Surprise, elle regarda tout autour d'elle et

découvrit un paysage inconnu et très beau avec de l'herbe verte

et des fleurs multicolores partout.

Elle rencontra alors de curieux petits personnages :

les Muntchkinz, accompagné par une gentille sorcière.

Celle-ci apprit à la fillette qu'elle se trouvait au pays d'Oz où

régnait un grand magicien appelé le Magicien d'Oz, qui vivait

dans la cité d'Emeraude.

Mais Dorothée s'inquiétait car elle se sentait perdue et voulait

retrouver son oncle et sa tante. La gentille sorcière lui dit alors :

"Tu dois t'adresser au Magicien d'Oz, lui seul peut t'aider" et elle lui

indiqua le chemin.

La fillette, accompagnée de son petit chien, se mit en route avec la

bénédiction de la gentille sorcière qui venait de lui offrir une paire

de souliers d'argent magiques et un baiser qui la protégeraient.

Chemin faisant, elle rencontra l'Epouvantail. Lui aussi voulait voir le

Magicien d'Oz afin de lui demander d'obtenir un peu de cervelle

dans sa tête de paille.

Puis elle rencontra le Bûcheron En-Fer-Blanc qui lui désirait voir le

Magicien afin qu'il ajoute un coeur à son corps métallique.

Tous les quatre rencontrèrent le Lion Poltron. Il souhaitait devenir

courageux car il était très peureux, ce qui est un comble pour

un lion !

Dorothée fit alors une longue route, accompagnée de son petit chien

Doggy, de l'Epouvantail, du Bûcheron En-Fer-Blanc et du lion

Poltron.

Après plusieurs péripéties, ils arrivèrent à la Cité d'Emeraude.

Celles-ci resplendissaient de mille feux d'un vert magnifique.

Ce fut le gardien des portes qui leur ouvrit. Il leur donna à chacun

une paire de lunettes pour qu'ils ne soient pas aveuglés par l'éclat

éblouissant de la splendide Cité.

Mais avant de les présenter au tout puissant Magicien d'Oz, il leur

expliqua que ce dernier pouvait leur apparaître sous n'importe

quelle forme.

Dorothée fut reçue la première par le magicien qui lui apparut sous

la forme d'une énorme tête sans corps, sans bras et sans jambes.

"J'accepte de t'aider à retourner chez toi, mais en échange tu dois

tuer la Sorcière de L'Ouest. Pas celle que tu as rencontrée et qui

est la gentille Sorcière du Nord, mais l'autre la méchante sorcière."

Le Magicien resta imperturbable devant les pleurs de Dorothée qui

se demandait bien comment une gentille petite fille pourrait faire une

telle chose.

Quand ce fut le tour de l'Epouvantail, le Magicien apparut sous la forme

d'une belle jeune fille et il mit la même condition en échange de cervelle

et de sagesse.

Pour le Bûcheron En-Fer-Blanc, ce fut sous la forme d'un monstre

hideux qu'il se manifesta et il fit à nouveau la même demande en

échange d'un coeur. Pour le Lion, ce fut une boule de feu et la même

condition en échange du courage. Les quatre compagnons se

consultèrent et s'entendirent pour réussir ensemble.

Aussitôt ils se mirent à la recherche de la méchante Sorcière de

l'Ouest.

Ils arrivèrent bientôt dans son domaine. Cette sorcière n'avait qu'un

oeil magique, capable de voir tout ce qui se passait dans le Pays.

Elle aperçut les intrus et se mit en rage. Elle décida donc de se

débarasser d'eux et elle leur envoya ses soldats : de grands loups

aux yeux cruels, des corbeaux sauvages des abeilles génates noires.

Rien de tout ceci ne put les arrêter.

Car la sorcière ne réussit à vaincre ni l'amitié ni le courage de nos

compagnons. Finalement, elle parvint à les faire enlever par des singes

volants et les emprisonna tous les quatre dans son château.

Un jour que Dorothée prenait son bain, la méchante femme tenta de

lui dérober un des souliers d'argent que lui avait donnés la gentille

Sorcière du Nord.

"Rendez-moi mon soulier ! demanda-t-elle à la sorcière.

- Je conserve cette chaussure rétorqua l'autre, maintenant elle est à

moi.

- Vous êtes méchante, cria Dorothée. Ce soulier ne vous appartient

pas !

- Je m'en moque, je le garde, gloussa la vieille sorcière, et bientôt

je te prendrai l'autre", dit-elle méchamment.

Dorothée en colère lui envoya à la figure un baquet plein d'eau qui

se trouvait à portée de sa main. La sorcière fut totalement trempée.

A sa grande surprise, Dorothée la vit alors se mettre à rapetisser.

Elle hurla :"J'ai peur de l'eau ! Je vais disparaître ! Tu l'as fait exprès

car tu savais que l'eau me fait fondre !

- Mais non, pas du tout !", répondit Dorothée. Et elle regarda la

sorcière fondre sous ses yeux et disparaître dans une mare d'eau.

Ce fut alors une grande joie et une délivrance dans toute la région

car la méchante Sorcière de l'Ouest oppressait toute la population

de ce domaine du pays d'Oz.

Nos quatre compagnons purent alors retourner auprès du Magicien

d'Oz qui, avec bonne grâce et reconnaissance, leur accorda ce qu'ils

demandaient. Le voeu de Dorothée fut exaucé :

elle put retourner chez elle, au Kansas, avec Doggy, dans la nouvelle

ferme de son oncle.

 

         

L'OISEAU BLEU

 

Il était une fois, un roi qui ayant perdu sa femme, se remaria avec

une veuve éplorée. Ce roi avait une fille, Florine, fraiche et douce.

La nouvelle reine avait, elle aussi, une fille surnommée Truitonne,

qui était très sale et très méchante.

La reine et sa fille, jalouses de Florine, la détestaient. Un jour, un

prince étranger, appelé Charmant, arriva au château. La reine

décida qu'il épouserait sa fille. Mais quand le jeune homme

aperçut Florine, c'est d'elle qu'il tomba amoureux.

Furieuse, la reine fit enfermer sa belle fille dans une tour.

Puis, elle imagina une ruse pour tromper le prince Charmant :

une dame du palais ferait savoir au prince que le soir même

Florine serait à une fenêtre qui donnait sur le jardin et que par-là

elle pourrait lui parler.

Quand la nuit fut venue, Charmant ne vit pas qu'il déclarait amour

et fidélité à l'affreuse Truitonne. Il lui proposa de l'emmener loin

du château pour l'épouser. Truitonne, qui s'était couvert la tête

d'un voile noir, conduisait le prince chez sa marraine la méchante

fée Soussio qui lui dit : "Prince Charmant, voici la princesse

Truitonne : elle est ma filleule et je souhaite que vous l'épousiez".

Quand le prince comprit qu'on s'était moqué de lui, il voulut s'enfuir,

mais la fée le toucha de sa baguette magique et ses pieds se

collèrent au parquet. Il s'écria :

"Quand bien même vous m'écorcheriez vif, je ne serai point à une

autre qu'à Florine."

Soussio et Truitonne essayèrent de le persuader, mais rien n'y fit.

Alors, furieuse, la fée changea le prince en oiseau bleu pour sept

ans. Le prince se voyant ainsi transformé en oiseau le corps tout

couvert de plumes bleues, pousse un cri de détresse et s'envola.

Pendant ce temps, Florine , qui croyait que le prince avait épousé

Truitonne, pleurait amèrement. Mais un jour, l'Oiseau bleu vint se

percher sur un cyprès face à la fenêtre de la tour et se fit

reconnaître.

Chaque nuit Florine et l'Oiseau bleu se retrouvèrent pour se parler

et se consoler. Le prince lui rapportait même des bijoux de son

palais.

Mais un soir, la reine, qui avait repéré le manège, fit attacher en

secret des rasoirs aux arbres qui bordaient le château. La nuit

venue, lorsque l'oiseau voulut se poser, il se coupa les ailes et les

pattes.

Persuadé que Florine l'avait trahi pour se réconcilier avec la reine, le

prince parvint à se traîner, mourant jusqu'à son nid. Par bonheur,

l'enchanteur, que Florine avait envoyé à sa recherche, l'aperçut, le

soigna et l'emporta chez lui.

Florine désespérée par la disparition de son prince, répétait sans

cesse : Oiseau Bleu, couleur du temps, vole à moi promptement.

Pendant ce temps, la reine et sa fille savouraient leur vengeance.

Un jour, le père de Florine mourut. Le peuple réclama la princesse

et assaillit le château. Truitonne réussit à s'enfuir chez Soussio. La

reine fut assommée, et Florine, délivrée fut couronnée, à sa place.

Mais elle ne pensait qu'à retrouver le prince Charmant.

Une nuit, elle prit ses bracelets d'émeraude et partit secrètement à

sa recherche.

Pendant ce temps, l'Enchanteur était allé trouver la fée Soussio qui

lui dit : "L'Oiseau bleu ne redeviendra le prince Charmant que s'il

épouse Truitonne".

L'enchanteur parvint à convaincre le prince d'accepter car il devait

rentrer au royaume qui était menacé par des comploteurs. Le prince

Charmant retrouva son corps, mais il frémissait d'horreur à l'idée

d'épouser l'affreuse Truitonne. Cependant la nouvelle reine Florine,

déguisée en paysanne, parvint un soir aux portes du château du

prince Charmant. Là, elle apprit que le prince, redevenu humain,

devait se marier avec Truitonne le lendemain. Se croyant trahie

par celui qu'elle aimait, elle pensa mourir.

Mais elle décida plutôt de rencontrer sa rivale. "Regardez, Madame,

ces bracelets d'émeraude. Si vous m'autorisez à dormir cette nuit

au palais, dans le cabinet des Echos, je vous les donnerai."

Truitonne, ravie de l'aubaine, accepta.

Elle ne savait pas que le cabinet des Echos était construit sous la

chambre du prince et que tout ce qui s'y disait était entendu du

prince lorsqu'il était dans son lit. Comme Florine voulait reprocher

au prince son infidélité, elle avait eu l'idée de dormir dans cette

pièce dont il lui avait parlé un jour. La nuit venue, Florine se

lamenta : "A combien de dangers me suis-je exposée pour le

chercher, pendant que tu me fuis et que tu veux épouser Truitonne.

Que t'ai-je donc fait cruel, pour oublier tes serments ?

Ne te souviens-tu donc pas de nos tendres conversations ?" Le

prince, qui ne dormait pas, entendit ces mots comme dans un rêve

et se mit à parler à son tour : "Ah ! Princesse trop cruelle pour un

amant qui vous adorait ! Est-il possible que vous m'ayez sacrifié

à nos ennemis ?" Pris d'un doute, il se fit conduire à la chambre

des Echos. Quand le prince entra dans la chambre, il reconnut

sa belle Florine et se jeta à ses pieds. La reine le regarda

indécise. Enfin, ils tombèrent dans les bras l'un de l'autre

s'expliquèrent et leur amour se réveilla.

A ce moment l'Enchanteur arriva avec une bonne fée qui était la

soeur de Soussio. L'Enchanteur et la bonne fée avaient uni leur

pouvoir en faveur du prince Charmant et de la reine Florine.

Soussio ne pourrait plus rien contre eux.

Dès le matin, on annonça leur mariage dans tout le palais.

Vexé, Truitonne accourut chez le roi, mais l'Enchanteur et la fée la

changèrent aussitôt en affreux dindon. Le prince Charmant et la

reine Florine ne pensèrent plus alors qu'à la préparation de leur

mariage. On imagine leur bonheur, après de si longs malentendus.

 

         

POUCETTE

 

Il était une fois une femme qui avait très envie d'avoir un tout petit

enfant. Mais elle ne savait pas très bien où elle pourrait se le

procurer. Elle alla trouver la vieille sorcière de son village et lui

dit :

"Aide-moi à avoir ce tout petit enfant, je t'en prie !"

La sorcière lui ordonna de planter un grain d'orge. C'était une

graine magique. La femme la mit dans un pot et bientôt elle vit

pousser une grande et belle fleur dont les pétales étaient

étroitement fermés. Quelle jolie fleur !", dit la femme en l'embrassant.

Aussitôt, il y eut comme une petite explosion : la fleur s'ouvrit et une

minuscule fillette apparut. Elle n'avait pas plus d'un pouce de haut.

Sa mère l'appela petite Poucette et la coucha dans une coquille de

noix en guise de berceau.

Une nuit que Petite Poucette dormait, une vilaine crapaude entra par

la fenêtre. Elle s'empara de la coque de noix et l'emporta dans le

marécage où elle habitait. "Regarde, mon fils, la jolie épouse que

j'ai trouvée pour toi !". Mais le fils-crapaud, qui était aussi laid que

sa mère, ne sut que dire "Koac, koac, brekke, kex" en la voyant.

"Nous allons l'installer sur une feuille de nénuphar, ce sera comme

une île d'où elle ne pourra s'échapper", dit la crapaude.

Le lendemain matin, quand elle vit où elle était, Petite Poucette

se mit à pleurer.

"Ne pleure pas, petite ! Regarde plutôt mon fils. Il sera ton mari et

vous aurer un délicieux logis au fond de la vase.

- Koac, koac, brekke, kex", approuva le fils. La pauvre petite resta

toute seule et pleura si fort que les poissons en furent tout attendris.

"Une aussi jolie petite fille ne peut pas épouser ce hideux crapaud",

dirent-ils en choeur.

Et ils mordillèrent sous l'eau la tige soutenant la feuille qui partit très

loin à la dérive.

Petite Poucette était si heureuse d'avoir échappé à la crapaude et

à son fils qu'elle regardait joyeusement le paysage qui défilait sous

ses yeux. Bientôt elle rencontra un beau papillon blanc qui l

'accompagna dans son voyage puis un hanneton qui l'emmena dans

la forêt. Mais les demoiselles hannetons se moquèrent d'elle :

"Elle n'a qu'une paire de jambes et même pas d'antennes.

Nous ne pouvons pas la garder avec nous."

Petite Poucette rest seule dans la forêt. Elle buvait la rosée du matin

et récoltait le suc des fleurs sauvages.

Ainsi passèrent l'été et l'automne. Puis vint l'hiver glacé.

Petite Poucette s'enroula dans une feuille morte et marcha longtemps

pour trouver un abri.

Elle arriva à la lisière de la forêt devant la porte de la souris des

champs ; c'était un petit trou au pied des fétus de paille.

"Ouvrez-moi, il fait si froid, dit-elle en pleurant.

- Entre, petite, viens au chaud dans ma chambre. Tu peux rester tout

l'hiver ici. Tu me feras un peu de ménage et me raconteras des

belles histoires, j'en raffole.

Petite Poucette accepta avce reconnaissance. "Nous allons avoir la

visite de mon voisin, dit un jour la souris. Il a une belle pelisse de

velours noir. Ce serait un excellent mari pour toi. Il est très riche et

très instruit.

Mais il est aveugle. Il faudra que tu lui racontes tes plus belles

histoires pour le distraire."

"Mesdames, venez visiter mon logis", dit le voisin avec fierté. Et il

les emmena dans un long tunnel sombre sous la terre. Au sol, il y

avait un oiseau mort. "Ne vous arrêtez pas pour si peu, dit-il, ce n'est

qu'une hirondelle."

Mais Petite Poucette ne voulut pas du voisin qui était une taupe au

coeur sec. La nuit suivante, Petite Poucette ne put trouver le sommeil

car elle pensait à la pauvre hirondelle. Elle descendit dans le tunnel

et posa sa tête sur la poitrine de l'oiseau.

Son coeur battait faiblement.

Toutes les nuits, Petite Poucette vint soigner en secret l'hirondelle qui

revint peu à peu à la vie. Les doux rayons du soleil annonçaient le

printemps. "Bientôt je pourrai m'envoler, dit l'hirondelle. Voudrais-tu

venir avec moi ?"

- Cela ferait trop de peine à la souris, dit Petite Poucette.

- Réfléchis bien", dit l'hirondelle et elle s'envola.

Poucette revint au logis de la souris et la trouva fort excitée à propos

du futur mariage avec la taupe. "Il n'y a pas une minute à perdre. Il te

faut filer et tisser nuit et jour, si tu veux que ton trousseau soit prêt."

Petite Poucette pleura toutes les larmes de son corps mais la souris

ne voulut rien entendre. "Adieu, cher Soleil ! dit Poucette en levant les

yeux vers le ciel. Je vais être enfermée sous la terre. Je ne te verrai

plus jamais !". "Tire-tire-li", chanta un oiseau au-dessus de sa tête.

C'était son amie l'hirondelle.

Petite Poucette, au lieu de t'enfermer sous la terre avec cette

méchante taupe, pars donc à l'aventure avec moi !". Toute heureuse,

Poucette sauta sur le dos de l'hirondelle. Les deux amies voyagèrent

dans les airs, par-dessus les montagnes et arrivèrent dans les pays

chauds, près d'un ancien palais de marbre blanc qui étincelait au

soleil.

"C'est ici que j'habite, dit l'hirondelle, je vais t'y déposer tout

doucement."

Sur le sol gisait une colonne où poussaient les plus belles fleurs

blanches du monde. Au centre d'une des corolles, il y avait un tout

petit homme aussi transparent que s'il eût été de verre. Il portait une

couronne sur la tête, et sur les épaules, des ailles de cristal. Il ôta sa

couronne et s'inclina :

"Voulez-vous devenir mon épouse et être la reine des fleurs ?

- Oui, charmant prince", répondit Poucette.

On fixa au dos de Poucette des ailes blanches et ainsi elle pouvait

voler de fleur en fleur.

"Maintenant que tu es la reine des fleurs, il te faut changer de nom ;

tu ne seras plus Petite Poucette mais Maya", lui dit le Prince en

l'embrassant.

Et là-haut dans le ciel, l'hirondelle chantait "tire-tire-li".

 

         

PEAU D'ÂNE

 

Il était une fois, un roi, une reine et une jeune fille.

A cette époque, on ne pouvait trouver une famille plus

heureuse sur la terre. En plus de ce bonheur, le roi possédait

un âne merveilleux. Cet âne, au lieu de déposer du crottin

comme tous les autres ânes, faisait de l'or chaque jour sur

sa littière ! Imaginez-vous cela ?

Ainsi, la vie se déroulait paisiblement et tous les matins le roi,

la reine, la princesse et l'âne, entourés de tous les gens de la cour,

se réveillaient heureux d'exister, heureux d'être ensemble, heureux

de n'avoir aucun souci.

Mais, comme parfois dans la vie, il arrive que ce bonheur fut

assombri par une étrange maladie qui s'empara de la reine.

Celle-ci dépérissait et lorsqu'elle fut près de mourir elle appela

le roi son époux et lui fit part d'une dernière demande :

-"Cher époux, lui dit-elle, losque je ne serai plus là, il faudra vous

remarier un jour ! Promettez-moi de n'épouser que quelqu'un digne

de vous, quelqu'un qui me resemble ou mieux encore, quelqu'un qui

me surpasse".

Le roi pleura et dit qu'il préférait mourir avec elle plutôt que de

penser à une autre, mais malgré tout, il lui fit cette promesse,

sachant que nulle part il ne trouverait épouse supérieure en grâce,

en beauté, en intelligence, en amour à celle aui le quittait pour

toujours.

Le roi se retrouva donc avec la princesse et l'âne merveilleux,

entouré de tous les gens de la cour et ces derniers commencèrent à

lui conseiller de chercher maintenant une nouvelle épouse.

Le roi refusait d'y penser, mais comme il était roi, il dut tout de

même s'y résigner et tous les jours qui suivirent, ses conseillers lui

apportèrent des portraits de princesses toutes disposées à

l'épouser.

Et, chaque jour, le roi jetait un oeil triste sur ces portraits et trouvait

que l'une avait un trop granqd nez, l'autre de trop petites oreilles, la

troisième des sourcils trops épais.

Chaque fois, il trouvait un détail pour refuser telle ou telle princesse,

sans vouloir avouer qu'il pensait toujours à sa femme.

Un jour, alors qu'il regardait encore un oeil distrait les portraits du

jour, il tourna son regard vers la fenêtre et aperçut sa fille qui avait

bien grandi depuis. Elle était assise sur la margelle du puits dans le

parc du château et contemplait les oiseaux qui revenaient en

annonçant le printemps. A mieux y regarder encore le roi se dit

qu'elle était aujourd'hui devenue une magnifique princesse, bien

plus belle et plus

aimable que toutes celles que lui proposaient ses conseillers.

Il la fit venir et lui dit :

-"J'ai promis à maman, le jour de sa mort, de n'épouser qu'une

princesse qui la surpassent en grâce et en beauté. Tu es celle-ci.

Voudrais-tu m'épouser ?"

La Princesse n'en croyait pas ses oreilles ! Comment ? Me marier

avec mon père ? Elle ne sut quoi répondre et partit en courant

vers la forêt où vivait sa marraine, la fée Lilas. Elle arriva près d'elle

et fondit en larmes.

-Que se passe-t-il, lui demanda la fée en lui passant la main dans

ses longs cheveux d'or.

Quel est ce gros chagrin ma petite filleule ?

-Marraine, c'est horrible ! Mon père veut m'épouser !

-Effectivement, répondit sa marraine, c'est vraiment surprenant

de sa part. Peut-être que sa trop grande tristesse l'a rendu un peu

fou. Ecoute-moi, voilà ce que tu vas faire. Tu vas lui dire qu'il te

faut du temps pour réfléchir et que de toutes façons tu ne pourras

l'épouser que s'il te donne...une robe couleur du temps.

A mon avis, cela lui sera impossible et ainsi tu ne seras ni obligée

de désobéir à ton père, ni obligée de te marier avec lui.

N'est-pas-une bonne idée ?

-Je ne sais pas Marraine, je vais essayer.

La Princesse rentra donc au château et alla trouver son père pour

lui dire ce que la fée Lilas lui avait conseillé de dire. Le roi alors

appela tous les meilleurs couturiers du pays et leur ordonna de faire

dans la nuit une robe couleur du temps.

Et bien qu'il ne fut pas méchant, il les menaça pourtant de leur faire

couper la tête s'il n'y parvenaient pas.

Les couturiers se mirent au travail dès le lendemain ils apportèrent

à la Princesse une magnifique robe couleur du temps, aux reflets

bleus et blancs et légère comme un nuage.

La Princesse les remercia et courut une nouvelle fois vers la forêt

pour y rejoindre sa marraine, la fée Lilas.

-Marraine, Marraine ! Mon père m'a offert ce matin la robe couleur

du temps que je lui avais demandée ! Que faire maintenant ?

-Je sais, dit la fée Lilas en réajustant son long voile de tule, tu vas

lui dire qu'il te manque encore une robe couleur de lune !

Cette fois-ci ça m'étonnerait qu'il y parvienne.

Alors la Princesse repartit en courant pour faire cette nouvelle

requête à son père. Il était bien peu surpris par tous ces caprices.

La princesse n'exigeait jamais rien autrefois ! Mais tellement

soucieux de lui plaire, il accepta et convoqua de nouveau tous les

meilleurs couturiers du pays.

-"Il me faut pour demain matin une robe couleur de lune.

Faîtes vite et surtout ne ma décevez pas ou sinon...on vous

coupera la tête". Non par crainte ne me décevez pas ou sinon...on

vous coupera la tête".

Non par crainte d'un tel châtiment, que le roi sans doute n'aurait pas

fait exécuter, ils se mirent de nouveau au travail et toute la nuit

confectionnèrent une superbe robe couleur de lune. Au matin, ils

l'apportèrent à la Princesse qui n'en croyait pas ses yeux. Cette

nouvelle robe brillait comme une pleine lune au milieu des étoiles

et son tissu était soyeux comme un ciel d'été. Elle courut dans la

forêt une nouvelle fois pour alerter sa marraine.

- Marraine ! Marraine ! Le roi m'a offert ce matin la robe couleur de

lune que je lui avais demandée ! Quoi faire ?

-Cette fois ci tu n'as qu'à lui demander une robe couleur soleil !

Et la Princesse, confiante, retourna vers le château et alla voir son

père pour lui demander cette fois la robe couleur soleil !

Les meilleurs couturiers, qui n'étaient pas partis bien loin car ils se

reposaient de leurs deux nuits de travail, furent réveillés par la voix

tonitruante du roi qui leur demandait cette fois, de faire, dans la

nuit, une robe couleur soleil. Il n'eut pas même besoin de préciser

qu'évidemment s'ils n'y parvenaient pas, ils leur ferait couper la

tête.

Les couturiers se consultèrent et ensemble se mirent au travail. Ils

firent tant et si bien qu'au matin, ils apportèrent à la Princesse une

magnifique robe brillant de tous les feux d'un soleil de Printemps.

Elle en fut très éblouie devant cette splendide lumière qui brillait

ainsi autour de la Princesse !

Alors que le roi approchait, une nouvelle fois la Princesse partit en

courant en direction de la forêt, chercher une nouvelle fois un

conseil auprès de sa marraine.

-Marraine ! Marraine !

-Oui, je sais, tu viens sûrement me dire que le roi t'a offert ce matin

même une robe couleur soleil ?

-Oui, Marraine, une robe magnifique qui brille de tous les feux d'un

soleil de Printemps ! Que faire ?

-Ecoute moi bien. Je crois que cette fois-ci le roi ne va pouvoir

répondre à ta demande. Cette fois tu vas lui demander la peau de

son âne chéri !

-La peau de son âne ?

Mais Marraine, je ne peux pas lui demander cela ! Cet âne est pour

lui un merveilleux compagnon et une inépuisable fortune !

-C'est bien pour ça qu'il ne pourra pas te l'accorder et ainsi tu

n'auras ni à lui désobéir ni à l'épouser !

Alors, la Princesse retourna au château et, d'une voix tremblante,

elle réclama au roi la peau de son âne.

Le roi fut extrèmement étonné d'une telle demande, mais plus

encore la princesse fut surprise de le voir accepter.

-Que ferais-je pour toi , ma Princesse, pour qu'enfin tu consentes à

devenir ma femme, soupira t-il !

Et il ordonna à ses hommes d'aller chercher la peau de son âne

pour en faire don à sa fille.

Cette fois-là, la Princesse n'eut pas à courir vers la forêt.

Sa marraine était venue et assistait sans sourciller à cette étrange

scène.

Une fois seules, la Princesse et la fée Lilas, cette dernière s'approcha

et lui glissa à l'oreille.

-Tout se passe comme il faut. Voici maintenant pour toi un

extraordinaire déguisement pour quitter le château dès cette nuit.

Vêts-toi de cette peau d'âne et attends au coin de l'allée près de la

forêt, un carrosse te conduira loin d'ici et tu ne craindras plus ni de

désobéir à ton père, ni de l'épouser. Emporte aussi avec toi cette

baguette magique.

Lorsque tu voudras faire apparaître la malle qui contient tes robes

et tes bijoux, tu n'auras qu'à taper trois petits coups de baguette et

elle apparaîtra.

La Princesse, toujours confiante dans les conseils de sa Marraine,

fit comme elle lui avait dit, et à la nuit tombée, vêtue de la peau

d'âne elle prit la baguette magique et se rendit au bout de l'allée

où un carosse l'attendait.

Le carosse la mena fort loin puis s'arrêta. Elle en descendit et à

pied, elle continua sa route sans bien savoir jusqu'où cela

l'entrainerait.

 

         


Dimanche 11 Avril 2021


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