♦ Accueil
 ♦ Actualités
 ♦ Anniversaire
 ♦ Bébé
 ♦ Bricolages
 ♦ Coloriages
 ♦ Comptines
 ♦ Ecole
 ♦ Enseignants
 ♦ Fêtes
 ♦ Histoires
 ♦ Jeux
 ♦ Jouets
 ♦ Lectures
 ♦ Maternelles
 ♦ Parents
 ♦ Paroles de chansons
 ♦ Recettes de cuisine
 ♦ Photos
 ♦ Forum
 ♦ Contact
.
Google
» Histoires » Alphabétique » G-K

HANSEL ET GRETEL

 

Il était une fois un bûcheron qui vivait pauvrement dans la forêt

avec sa famille. Sa femme était vieille et cruelle, mais ses deux

enfants, Hansel et Gretel, suffisaient à son bonheur. Il était

courageux et travaillait dur, mais il n'y avait jamais assez de

nourriture à la maison. Un jour, la femme du bûcheron se déclara

lasse d'avoir tant de bouches à nourrir.

" Demain, dit-elle, nous irons abandonner les enfants au fond de

la forêt. Ils sont trop jeunes pour retrouver le chemin de la maison

et devront apprendre à se débrouiller. " Le bûcheron, qui aimait

beaucoup ses enfants, fut très triste de cette décision.

Mais Hansel, que la faim tenait éveillé, avait tout entendu. Il se leva,

sortit dans la nuit et ramassa plein de cailloux blancs qu'il mit

dans sa poche. Le lendemain matin, toute la famille partit dans la

forêt. " Restez là, dit la femme, nous allons chercher du bois et

nous revenons tout de suite. " Mais ils ne revinrent jamais.

Heureusement, Hansel avait semé tous ses cailloux blancs sur le

chemin de la maison. Il prit sa petite soeur par la main et, avant la

nuit tombée, les deux enfants s'en étaient déjà retournés chez eux.

En les voyant arriver, la vieille femme fut très contrariée. Elle dit au

bûcheron : " Demain, nous les emmènerons encore plus loin dans

le fond de la forêt et de là, ils ne pourront plus revenir. " Hansel

avait encore une fois tout entendu, mais le soir, la vieille femme,

qui se méfiait, ferma à clefs la porte de la maison. Le petit garçon

ne pouvait plus chercher de cailloux. Le matin, ils allèrent tous les

quatre dans la forêt et marchèrent longtemps, longtemps...

Hansel et Gretel avaient très faim mais, au lieu de manger le pain

qu'on leur avait donné, Hansel l'avait émietté et jeté derrière lui.

" Nous suivrons les miettes et ainsi nous retrouverons le chemin

de la maison ", dit-il à sa soeur. Mais ils étaient bien fatigués

d'avoir si longtemps marché et s'endormirent sur un tas de

mousse.

Lorsqu'ils se réveillèrent, il faisait presque nuit. Le bûcheron et sa

femme étaient partis. Et, quand les enfants voulurent rentrer chez

eux, plus de miettes ! Les oiseaux étaient passé par là !

" Maintenant nous ne retrouverons plus le chemin ", dit Gretel.

Bien triste, elle allait se mettre à pleurer quand, soudain, ils

aperçurent à travers les arbres une adorable maisonnette.

C'était une petite maison faite de pain d'épice, le toit était de

délicieux biscuits et les volets de sucre candy. Ils étaient si

affamés qu'ils cassèrent un morceau du toit et mangèrent en se

régalant. Tout à coup, une vieille femme sortit en ricanant. C'était

une méchante sorcière qui n'aimait qu'une seule chose : faire

cuire et manger les petits enfants.

Elle avait vu Hansel et Gretel dans la forêt et avait fait surgir par

magie cette maisonnette de pain d'épice pour les attirer. Mais

elle paraissait gentille et invita les deux enfants à partager son

repas. Le dîner fini, ils étaient si épuisés qu'aussitôt ils

s'endormirent. A leur réveil, Hansel était enfermé dans une cage

et Gretel comprit alors que la vieille femme était une sorcière !

" A présent, tu feras le ménage et la cuisine, lui ordonna l'affreuse

sorcière. Et quand ton frère sera bien gras, je le mangerai. "

Mais les sorcières ont les yeux tout rouge, elles sont myopes.

Chaque fois qu'elle demandait à Hansel de lui tendre un doigt

pour savoir s'il était assez gros, le petit garçon très rusé lui

donnait un morceau de bois à téter. " Maigre, tu es encore trop

maigre pour faire un dîner ! "

Au bout d'un mois, la méchante sorcière perdit patience.

Elle demanda à Gretel d'ouvrir le four et d'allumer le feu pour faire

rôtir son frère. La sorcière se pencha pour voir si le four était

assez chaud... Profitant de cet instant, Gretel l'y poussa et

referma la porte. La vieille femme cria, cria, puis se tut. Gretel

se précipita pour délivrer Hansel. Dans la maison, ils découvrirent

un sac rempli d'or, de diamants, de bijoux et de pierres

précieuses.  "Maintenant, nous pouvons rentrer à la maison ",

dirent-ils, fous de joie.

Hansel et Gretel eurent tôt fait de retrouver la direction de la

maison. Tout à coup, ils débouchèrent sur les bords d'un étang.

Tout y était féerique et merveilleux. Sur l'eau limpide nageaient

de grands cygnes blancs. Les deux enfants étaient obligés de

traverser le lac pour rejoindre leur maison, mais ils ne pouvaient

pas nager, leurs poches débordaient de trésors très lourds.

" J'ai une idée, s'exclama Gretel ! Nous allons chacun nous

asseoir sur le dos d'un cygne et ainsi nous gagnerons l'autre

rive. "

Ainsi fut fait. Quand ils arrivèrent à la maison, le bûcheron pleura

de bonheur en retrouvant ses chers petits. Heureusement sa

cruelle femme était morte entre-temps. Et tous les trois se jurèrent

de ne plus jamais se quitter. Ils vécurent heureux très longtemps

et ne manquèrent plus jamais de rien.

 

         

JACQUES ET LE HARICOT MAGIQUE

 

Jacques vivait avec sa maman dans une toute petite maison. Il

n'avait jamais connu son père. Sa mère effectuait de menus travaux

de couture dans le voisinage, pendant que Jacques s'occupait du

jardin potager, et de leur unique vache, Doucette, qu'il trayait

chaque jour.

Cette année-là, l'hiver fut très froid, et au printemps le potager

ne donna presque rien.

Un matin, la mère de Jacques lui annonça avec tristesse :

"Nous ne pouvons plus nourrir Doucette. Il faut aller la vendre au

marché."

Comme elle travaillait jusqu'au soir, elle demanda à Jacques

d'emmener le pauvre animal. "Essaie d'en tirer un bon prix" lui

dit-elle. Jacques s'en alla donc, menant Doucette au bout d'une

corde. En chemin, il rencontra un vieil homme vêtu de haillons.

"Où vas-tu avec ta jolie vache ? demanda-t-il à Jacques.

- Je vais la vendre au marché, répondit-il, car maman et moi avons

grand besoin d'argent.

- Je te l'achète contre ces graines magiques de haricot, fit le vieil

homme. Grâce à elles, ta mère et toi, oublierez à jamais tous vos

soucis."

Jacques voulait par-dessus tout faire plaisir à sa maman. Il accepta

sur le champs.

"Attention ! dit encore le vieil homme. Grâce à ces graines tu

pourras découvrir un trésor qui m'a été volé voilà bien longtemps

par un géant terrible et vorace. Si tu parviens à le récupérer,

il t'appartiendra.

- D'accord", répondit Jacques, content d'avoir fait une affaire.

Il avait hâte d'annoncer la nouvelle en rentrant à la maison.

Lorsque sa maman vit que Jacques rapportait des graines de haricot

à la place de l'argent, elle lui arracha le sachet en s'écriant :

"Va te coucher immédiatement ! De toute façon, il n'y a rien pour le

souper". Et, désespérée, elle jeta les graines par la fenêtre.

Le lendemain matin, lorsque Jacques se réveilla, il faisait grand jour.

Il ouvrit un oeil et s'étonna : "Derrière sa fenêtre, quelque chose

empêchait la lumière de passer. Ecarquillant les yeux, il constata

avec stupeur qu'une plante géante munie de feuilles gigantesques

avait poussé pendant la nuit.

C'était un énorme haricot magique !

Jacques ouvrit la fenêtre et regarda la fenêtre et regarda en l'air :

"Il ne voyait même pas le sommet du haricot. Prenant appui sur le

rebord de la fenêtre, il grimpa sur la tige. Le trésor est là-haut",

pensa-t-il. Quelques temps plus tard, il traversait les nuages qui se

transformèrent comme par magie en une jolie campagne. Il sauta

du haricot et choisit une direction au hasard. Il espérait trouver de

quoi se désaltérer et aussi de quoi manger : depuis la veille, il

n'avait rien avalé. Il marcha deux bonnes heures, lorsqu'il se

retrouva, épuisé, près d'une immense maison. Il frappa à la porte.

Une servante lui ouvrit.

"J'ai soif, j'ai faim et je suis fatiguée, dit-il à la jeune femme, puis-

je entrer ma reposer ?

- Hélas ! Je voudrais bien t'offrir le gîte, petit, répondit-elle. Mais

mon maître est un géant qui a déjà mangé plusieurs enfants. Si tu

entres ici, c'en sera fini de toi."

Jacques faillit se mettre à pleurer. Mais à l'étage, il entendit une

voix tonitruante : "Alors, ce marcassin est-il bientôt prêt ?

- Une minute, Seigneur ! ", répondit la servante. Elle attrapa la main

de Jacques et ouvrit la porte du garde-manger en lui disant :

"Cache-toi tout au fond !". Le géant descendit les marches à grand

bruit. "Ah ! Ca sent la chair fraîche, par ici ! Tu as fait entrer

quelqu'un !

- Pas le moindre du monde, Seigneur, dit la servante.

C'est certainement l'odeur du marcassin que j'ai préparé.

- Ca m'étonnerait !", dit le géant. Et il se mit à chercher dans tous

les coins en criant : "Ca sent bon la chair fraîche !"

Il ouvrit tous les placards et regardait sous les buffets.

Dissimulé derrière d'énormes tas de jambons Jacques tremblait

comme une feuille morte.

"Vite, à table, Seigneur, dit la servante, cela va être froid.

- Alors, sers-moi donc, et plus vite que ça !", fit-il.

Elle remplit l'assiette gigantesque, puis posa sur la table trois gigots,

un chevreuil, quatre dindes et deux douzaines de tranches de boeuf

grillé.

Après ce formidable repas, le géant appela sa servante :

"Donne-moi mes sacs de pièces d'or, que je m'amuse un peu

avec !"

Elle apporta au géant une grande sacoche de toile, très lourde, qu'elle

posa sur la table. Le géant, ravi, composait des motifs avec les

pièces. Il déclara ensuite qu'il avait bien mérité une bonne sieste.

Se laissant tomber sur la table, il se mit à ronfler bruyamment.

Jacques décida alors de profiter de l'occasion, et avec mille

précautions, il se glissa hors de sa cachette. Il s'avança vers la table

sur la pointe des pieds, et, sans faire de bruit, remit les pièces d'or

dans leur grande sacoche et s'en empara.

Son lourd bagage à l'épaule, il se dirigea vers la porte de la maison.

Mais en passant le seuil, la sacoche heurta la porte, réveillant le

géant qui se leva d'un bond.

Jacques prit ses jambes à son cou et s'enfuit en direction du haricot.

Le géant trébucha sur le seuil de la porte ; il mit si longtemps à se

relever que le jeune garçon put prendre une bonne longueur

d'avance.

Il arriva bon premier au haricot, s'élança, et se laissa glisser d'un

trait jusqu'au sol.

Le géant était tellement lourd que lorsqu'il s'accrocha au haricot,

la tige plia du côté de la mer. Déséquilibré, le géant tomba, plongea

dans l'océan et se noya. A son retour à la maison, sa mère accueillit

Jacques avec ses cris de joie. Grâce à l'or, et grâce au vieux

monsieur, ils purent acheter plusieurs vaches, des oies et des

lapins.

Et depuis, ils ont toujours l'air heureux, et leur jardin donne des

fleurs et des fruits merveilleux.

 

         

LES VOYAGES DE GULLIVER

 

Il était une fois en Angleterre, en l'an mil sept cent douze, un jeune

homme qui s'appelait Gulliver. Il n'avait qu'une passion :

Les voyages en mer. Un jour, alors qu'il s'était embarqué à bord

de l'Antilope pour les mers du Sud le navire fit naufrage et il ne

resta qu'un seul survivant : GULLIVER.

Après avoir nagé des jours et des nuits, le jeune homme atteignit

la plage d'une île qui lui sembla déserte.

Epuisé, il tomba dans un profond sommeil.

Mais lorsqu'à son réveil, il voulut se lever, il s'aperçut que tous les

membres étaient solidement attachés au sol, et qu'il était ficelé

de la tête aux peids comme un saucisson.

"Au secours, libérez-moi !", hurla Gulliver. C'est alors qu'il découvrit

avec stupéfaction qu'il était prisonnier de minuscules personnages,

hauts d'à peine six pouces.

l'un deux, perché sur son cou, lui enfonçait la pointe aiguë de sa

minuscule épée dans une narine. Cela le chatouilla tellement qu'il

fut surpris d'un formidable éternuement.

Epouvantés, tous les petits êtres se dispersèrent rapidement.

Mais après quelques instants, les moindres farouches

s'approchèrent à nouveau et installèrent plusieurs échelles tout

contre Gulliver.

Bientôt une multitude de petits hommes chargés de paniers pleins

de victuailles, préparés sur ordre du roi, se mettaient en marche

vers la bouche du naufragé. Le roi, qui s'était hissé sur le bas de

sa jambe, s'avança jusqu'au visage de Gulliver, suivi d'une dizaine

de ses gens.

Là, se plaçant tout près de son visage, il dit : " Nous te saluons,

Ô Hommes-Lomtagne, sois le bienvenu au pays des Lilliputiens.

Nous te traiterons ici avec de grands égards, mais sache que

tu nous plonges dans un embarras, car ton appétit peut ruiner

notre pays. Nous avons tenu conseil, certains parlèrent de te laisser

mourir de faim, ou de te cribler le visage et les mains de flèches

empoisonnées, mais ton cadavre, en se décomposant, ne pourrait

qu'infester la capitale et empuantir tout le royaume.

Nous te proposons donc ceci :

délivre-nous de la guerre qui dure depuis trente-six lunes avec le

peuple des Blefuscu et nous te rendrons la liberté.

- Assurément, mais quelle est l'origine de cette guerre ?

- Voici. Chacun sait que pour manger un oeuf à la coque on le casse

par le gros bout. Or il advint que l'aïeul de notre empereur actuel,

alors qu'il était enfant, voulut manger un oeuf. Mais en le cassant

de façon traditionnelle, il se fit une entaille au doigt.

Sur quoi l'empereur publia un édit ordonnant à tous ses sujets, sous

peine de sanctions les plus graves, de casser leurs oeufs par le

petit bout.

Cette loi fut tellement impopulaire qu'elle provoqua six récoltes,

dans lesquelles un de nos empereurs perdit la vie, un autre sa

couronne.

On estime à onze mille au total le nombre de ceux qui ont préféré

mourir plutôt que de céder leurs oeufs par le petit bout.

Les Blefuscudiens profitèrent de ces soulèvements pour nous

envahir et kidnappèrent la moitié de notre population.

Depuis, une guerre sanglante met aux prises les deux empires.

Aujourd'hui l'ennemi s'apprête à débarquer sur nos côtes.

C'est pourquoi je mets toute ma confiance en ta force et ton

courage.

Réussis et tu es libre. Les gens de l'Empereur l'emmenèrent

dans un antique temple, estimé le plus vaste du royaume.

Là, "l'Homme-Montagne" fut à nouveau attaché par quatre-

vingt une chaînes, aussi grosses que celles qui, en Europe,

pendent aux monstres des dames. On les fixa à sa jambe

gauche par trente-six cadenas. Toute la nuit Gulliver élabora

une stratégie pour anéantir la flotte ennemie. "Eurêka !", il

tenait son idée.

Le lendemain, à l'aube, il alla vers la côte nord-nest, celle qui

faisait face à Blefuscu, et là, à plat ventre derrière une colline,

il déploya sa longue vue pour examiner la flotte ennemie. Elle

était forte de plus de cinquante minuscules vaisseaux de

guerre et de nombreux navires de transport.

Rentré à Lilliput, Gulliver donna des ordres pour qu'on lui

apportât des cables très forts et des barres de fer. Les câbles

n'étaient que de minces ficelles et les barres avaient la longueur

et l'épaisseur des aiguilles à tricoter de chez nous. Il courba ces

dernières pour en faire des crochets et les fixa aux cables avant

de retourner vers la flotte de débarquement du peuple de Blefuscu.

Il entra dans l'eau, qui lui arrivait à peine à la poitrine, et

s'approcha rapidement des ennemis.

A sa vue ceux-ci furent saisis d'une telle frayeur qu'ils s'enfermèrent

tous dans leus minuscules cabines. Gulliver prit alors son attirail fixa

chaque crochet à la proue d'un navire et fit un gros noeud de tous

les câbles. Après quoi il empoigna tous et plus aisément du monde,

se mit à remorquer cinquante des plus aisément du monde, se mit

à remorquer cinquante des plus grands vaisseaux de guerre ennemis.

Les Blefuscudiens qui observaient la scène du rivage et qui n'avaient

rien deviné de ses projets restèrent tout d'abord stupéfaits, comme

paralysés par la surprise. Lorsqu'ils virent la flotte tout entière

s'éloigner derrière Gulliver, ils poussèrent un cri déchirant de détresse

et de désespoir.

Mais celui-ci s'en allait tranquillement vers le port de Lilliput. "Hourra !

Hourra ! ", s'écrièrent les Lilliputiens lorsqu'ils aperçurent l"Homme-

Montagne". L'Empereur l'accueillit sur le rivage en le couvrant d'éloges

inépuisables, et lui conféra à l'instant même la dignité de Nardac,

qui était leur plus haut titre de noblesse.

Environ trois semaines après cet exploit, une ambassade solennelle

arriva à Blefuscu pour demander la paix. On organisa de grandes

festivités. Gulliver n'y assista pas. Ayant recouvré la liberté, il s'était

construit un bateau et s'en était retourné chez lui.

Encore aujourd'hui, une statue de Gulliver le héros,

l'"Homme-Montagne" trône sur la place centrale de Lilliput.

 

         

LE JOUEUR DE FLÛTE

 

Il y avait une fois, en Saxe, une ville qui s'appelait Hamelin. C'était

une bourgade, entourée de hautes murailles, où les habitants

étaient fort heureux.

Tellement heureux qu'ils avaient tous un grand péché : ils étaient

très gourmands et mangeaient tout le temps.

D'un bout à l'autre de l'année, leparfum de leurs fricassées flottait

dans les campagnes, à plus de vingt lieues à la ronde.

Mais un jour, les pauvres Hamelinois furent bien punis.

Vous allez voir comment...

La chose arriva la veille de Noël de l'an 1283 précisément.

Ce soir-là, il faisait un froid terrible mais la lune était éclatante.

S'efforçant de se réchauffer les doigts en changeant

continuellement sa hallebarde de main, l'homme de guet arpentait

le chemin de ronde.

Tout à coup il se figea. Seigneur, qu'était-ce que cela ?

Et lui de se frotter vigoureusement les yeux, de les rouvrir et de les

fermer plusieurs fois de suite pour s'éclaircir la vue.

Il ne rêvait pourtant pas. Barrant la plainte brillante de gel, il y avait

comme un long serpent noir dont la queue se perdait dans la nuit !

Et cela remuait...rampait vers la ville. Sainte Hermelinde ! Des rats !

Le vieux soldat se précipita sur la cloche d'alarme.

Ah ! Messieurs, Ah ! Mesdames ! Ah ! Mes amis ! Jamais depuis

que le monde est monde on ne vit tel spectacle...

Et tassent tous les diables de l'Enfer qu'il ne se reproduise jamais !

C'étaient de gros rats noirs et velus, avec des yeux rouges, brillants

comme des braises, des dents aiguës et terribles !

Et il y en avait des mille et des mille, attirés par les odeurs alléchantes

du réveillon, grimpant les uns sur les autres, mordant, couinant, se

culbutant...

Une scène à hérisser le poil des plus braves.

En peu de temps, ils arrivèrent devant la ville, franchirent les douves,

escaladèrent les murailles et envahirent toutes les maisons.

Les affreuses bêtes sombres couraient dans les cuisines, se jetaient

sur les garde-manger, sur les plats et dévoraient tout. Dix, vingt, cent...

des escardrons, des corps d'armée...des millions de rats.

Un vrai cauchemar de rats. Tout y passa. Toutes les provisions de

l'hiver. De ces bonnes choses les rats ne laissèrent rien.

Non ! Pas même de quoi nourrir une puce. Il n'y eut cave, ni cellier,

ni buffet, si bien verrouillés fusent-ils, qui ne reçurent leur visite.

Enfin, jamais de mémoire d'homme on n'avait connu pareille

désolation, même au temps des famines.

Aussi le bourgmestre promit-il une récompense de cinquante

florins à qui délivrerait Hamelin de ce fléau. Ce fut au matin du

troisième jour qu'il entra dans la ville. On raconte que c'était un

grand homme maigre avec de longs cheveux plats, noirs comme

jais et un chapeau vert. Il portait gibecière au côté. Dès qu'il fut

entré il demanda à parler au bourgmestre.

"On m'a dit qu'il y avait cinquante florins d'or à gagner pour qui

chasserait les rats. Vous pouvez préparer la bourse !

- Quoi ? Tu ..." Mais l'autre n'écoutait pas. On le vit descendre

posément l'escalier, se diriger vers la grand'place, et là sortir

de sa gibecière une minuscule flûte de bois noir, la porter à ses

lèvres et commencer à en jouer.

Quand on lit ces simples mots, on ne peut se représenter la

scène. C'était magique. Mais bien des années plus tard, les

cheveux des hamelinois se dressaient encore à la pensée de

cette musique-là. Les doigts fuselés du mystérieux joueur se

promenaient sur la flûte comme des pattes d'araignée et en

tiraient des sons étranges, incohérents, si dissonants que c'était

à grincer des dents, si tristes que les coeurs se serraient. A peine

eut-il ainsi joué que le grignotement universel s'arrêta. On vit les

rats surgir de partout puis, comme la mélodie s'accélérait, ce fut

une marée de bêtes noires et immondes qui accoururent. Elles se

précipitaient les unes par-dessus les autres, se répandirent dans

les rues et vinrent entourer notre joueur de flûte. Alors il se mit à

cheminer doucement vers le fleuve, avec l'armée de rats sur les

talons. Les salons de flûte devinrent déchirants et surnaturels...

Et soudain, comme saisis de folies, les rats escaladèrent les

rambardes du pont, se jetèrent dans le vide avec une tempête

de cris perçants, s'écrasèrent sur la glace qui bientôt céda sous

leur poids.

L'eau gicla, retomba en gerbes bouillonnantes...

Et ce fut fini ! Il n'y avait plus un seul rat dans Hamelin ! Le joueur

de flûte alla trouver le bourgmestre.

"Tu viens chercher ton argent ?"

Tiens voilà tes cinquantes kreutzers !

- Eh ! pardon, maître, vous voulez dire : florins !

- Kreutzers !

- Florins !

- Kreutzers ! Ah ça ! Mon bonhomme, crois-tu que nous allons te

donner cinquante florins d'or pour un tel travail ?

Allons, prends tes kreutzers, et va-t-en à tous les diables !

- Ah ! C'est ainsi ?"

Le joueur de flûtese tut. Tournant le dos au bourgmestre, il sortit de

la ville comme il était venu. Le dimanche suivant, le soleil faisait

resplendir la campagne enneigée et toutes les cheminées fumaient.

Sur la grande place de Hamelin le Bourgmestre contait justement,

au milieu des rires, l'excellent tour qu'il avait joué à ce gueux de

flûtiste, et comment, par son astuce, il avait réussi à conserver

cinquante bons florins d'or au trésor de la cité...

Tout à coup on le vit demeurer pantois.   yeux ronds et bouche bée.

Chacun se retourna alors, c'était...devinez qui ? Le joueur de flûte !

Sans crier gare ce dernier saisit son instrument de musique. Oh !

mes amis ! c'était maintenant une mélopée extraordinairement

douce, et si joyeuse qu'elle donnait aussitôt envie de courir et de

danser. Et les doigts du joueur devinrent des elfes, et bondirent,

bondirent sur la flûte, de plus en plus agiles et frénétiques.

Et voilà que tous les enfants de Hamelin, même les bébés qui

savaient à peine marcher, accoururent des quatre coins de la cité,

formèrent une immense ronde autour du joueur et tournèrent,

tournèrent, tournèrent...

Et il se mit en marche comme l'autre fois...Et les parents, terrifiés,

essayaient de retenir leurs enfants, de les empêcher de courir,

mais leurs pieds étaient comme enracinés au sol par une puissante

magie. La flûte jouait toujours plus fort. Le mystérieux homme aux

cheveux de jais sortir du bourg, traversa la plaine et entra dans une

caverne de la montagne.

Tous les enfants le suivirent, et on ne les vit plus jamais. Jamais !

 

         


Dimanche 11 Avril 2021


Accueil | Actualités | Anniversaire | Bébé | Bricolages | Coloriages | Comptines | Ecole | Enseignants | Fêtes | Histoires | Jeux | Jouets | Lectures | Maternelles | Parents | Paroles de chansons | Recettes de cuisine | Photos | Forum

0-5ans.com © 2005