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» Histoires » Age » 5 ans

PEAU D'ÂNE

 

Il était une fois, un roi, une reine et une jeune fille.

A cette époque, on ne pouvait trouver une famille plus

heureuse sur la terre. En plus de ce bonheur, le roi possédait

un âne merveilleux. Cet âne, au lieu de déposer du crottin

comme tous les autres ânes, faisait de l'or chaque jour sur

sa littière ! Imaginez-vous cela ?

Ainsi, la vie se déroulait paisiblement et tous les matins le roi,

la reine, la princesse et l'âne, entourés de tous les gens de la cour,

se réveillaient heureux d'exister, heureux d'être ensemble, heureux

de n'avoir aucun souci.

Mais, comme parfois dans la vie, il arrive que ce bonheur fut

assombri par une étrange maladie qui s'empara de la reine.

Celle-ci dépérissait et lorsqu'elle fut près de mourir elle appela

le roi son époux et lui fit part d'une dernière demande :

-"Cher époux, lui dit-elle, losque je ne serai plus là, il faudra vous

remarier un jour ! Promettez-moi de n'épouser que quelqu'un digne

de vous, quelqu'un qui me resemble ou mieux encore, quelqu'un qui

me surpasse".

Le roi pleura et dit qu'il préférait mourir avec elle plutôt que de

penser à une autre, mais malgré tout, il lui fit cette promesse,

sachant que nulle part il ne trouverait épouse supérieure en grâce,

en beauté, en intelligence, en amour à celle aui le quittait pour

toujours.

Le roi se retrouva donc avec la princesse et l'âne merveilleux,

entouré de tous les gens de la cour et ces derniers commencèrent à

lui conseiller de chercher maintenant une nouvelle épouse.

Le roi refusait d'y penser, mais comme il était roi, il dut tout de

même s'y résigner et tous les jours qui suivirent, ses conseillers lui

apportèrent des portraits de princesses toutes disposées à

l'épouser.

Et, chaque jour, le roi jetait un oeil triste sur ces portraits et trouvait

que l'une avait un trop granqd nez, l'autre de trop petites oreilles, la

troisième des sourcils trops épais.

Chaque fois, il trouvait un détail pour refuser telle ou telle princesse,

sans vouloir avouer qu'il pensait toujours à sa femme.

Un jour, alors qu'il regardait encore un oeil distrait les portraits du

jour, il tourna son regard vers la fenêtre et aperçut sa fille qui avait

bien grandi depuis. Elle était assise sur la margelle du puits dans le

parc du château et contemplait les oiseaux qui revenaient en

annonçant le printemps. A mieux y regarder encore le roi se dit

qu'elle était aujourd'hui devenue une magnifique princesse, bien

plus belle et plus

aimable que toutes celles que lui proposaient ses conseillers.

Il la fit venir et lui dit :

-"J'ai promis à maman, le jour de sa mort, de n'épouser qu'une

princesse qui la surpassent en grâce et en beauté. Tu es celle-ci.

Voudrais-tu m'épouser ?"

La Princesse n'en croyait pas ses oreilles ! Comment ? Me marier

avec mon père ? Elle ne sut quoi répondre et partit en courant

vers la forêt où vivait sa marraine, la fée Lilas. Elle arriva près d'elle

et fondit en larmes.

-Que se passe-t-il, lui demanda la fée en lui passant la main dans

ses longs cheveux d'or.

Quel est ce gros chagrin ma petite filleule ?

-Marraine, c'est horrible ! Mon père veut m'épouser !

-Effectivement, répondit sa marraine, c'est vraiment surprenant

de sa part. Peut-être que sa trop grande tristesse l'a rendu un peu

fou. Ecoute-moi, voilà ce que tu vas faire. Tu vas lui dire qu'il te

faut du temps pour réfléchir et que de toutes façons tu ne pourras

l'épouser que s'il te donne...une robe couleur du temps.

A mon avis, cela lui sera impossible et ainsi tu ne seras ni obligée

de désobéir à ton père, ni obligée de te marier avec lui.

N'est-pas-une bonne idée ?

-Je ne sais pas Marraine, je vais essayer.

La Princesse rentra donc au château et alla trouver son père pour

lui dire ce que la fée Lilas lui avait conseillé de dire. Le roi alors

appela tous les meilleurs couturiers du pays et leur ordonna de faire

dans la nuit une robe couleur du temps.

Et bien qu'il ne fut pas méchant, il les menaça pourtant de leur faire

couper la tête s'il n'y parvenaient pas.

Les couturiers se mirent au travail dès le lendemain ils apportèrent

à la Princesse une magnifique robe couleur du temps, aux reflets

bleus et blancs et légère comme un nuage.

La Princesse les remercia et courut une nouvelle fois vers la forêt

pour y rejoindre sa marraine, la fée Lilas.

-Marraine, Marraine ! Mon père m'a offert ce matin la robe couleur

du temps que je lui avais demandée ! Que faire maintenant ?

-Je sais, dit la fée Lilas en réajustant son long voile de tule, tu vas

lui dire qu'il te manque encore une robe couleur de lune !

Cette fois-ci ça m'étonnerait qu'il y parvienne.

Alors la Princesse repartit en courant pour faire cette nouvelle

requête à son père. Il était bien peu surpris par tous ces caprices.

La princesse n'exigeait jamais rien autrefois ! Mais tellement

soucieux de lui plaire, il accepta et convoqua de nouveau tous les

meilleurs couturiers du pays.

-"Il me faut pour demain matin une robe couleur de lune.

Faîtes vite et surtout ne ma décevez pas ou sinon...on vous

coupera la tête". Non par crainte ne me décevez pas ou sinon...on

vous coupera la tête".

Non par crainte d'un tel châtiment, que le roi sans doute n'aurait pas

fait exécuter, ils se mirent de nouveau au travail et toute la nuit

confectionnèrent une superbe robe couleur de lune. Au matin, ils

l'apportèrent à la Princesse qui n'en croyait pas ses yeux. Cette

nouvelle robe brillait comme une pleine lune au milieu des étoiles

et son tissu était soyeux comme un ciel d'été. Elle courut dans la

forêt une nouvelle fois pour alerter sa marraine.

- Marraine ! Marraine ! Le roi m'a offert ce matin la robe couleur de

lune que je lui avais demandée ! Quoi faire ?

-Cette fois ci tu n'as qu'à lui demander une robe couleur soleil !

Et la Princesse, confiante, retourna vers le château et alla voir son

père pour lui demander cette fois la robe couleur soleil !

Les meilleurs couturiers, qui n'étaient pas partis bien loin car ils se

reposaient de leurs deux nuits de travail, furent réveillés par la voix

tonitruante du roi qui leur demandait cette fois, de faire, dans la

nuit, une robe couleur soleil. Il n'eut pas même besoin de préciser

qu'évidemment s'ils n'y parvenaient pas, ils leur ferait couper la

tête.

Les couturiers se consultèrent et ensemble se mirent au travail. Ils

firent tant et si bien qu'au matin, ils apportèrent à la Princesse une

magnifique robe brillant de tous les feux d'un soleil de Printemps.

Elle en fut très éblouie devant cette splendide lumière qui brillait

ainsi autour de la Princesse !

Alors que le roi approchait, une nouvelle fois la Princesse partit en

courant en direction de la forêt, chercher une nouvelle fois un

conseil auprès de sa marraine.

-Marraine ! Marraine !

-Oui, je sais, tu viens sûrement me dire que le roi t'a offert ce matin

même une robe couleur soleil ?

-Oui, Marraine, une robe magnifique qui brille de tous les feux d'un

soleil de Printemps ! Que faire ?

-Ecoute moi bien. Je crois que cette fois-ci le roi ne va pouvoir

répondre à ta demande. Cette fois tu vas lui demander la peau de

son âne chéri !

-La peau de son âne ?

Mais Marraine, je ne peux pas lui demander cela ! Cet âne est pour

lui un merveilleux compagnon et une inépuisable fortune !

-C'est bien pour ça qu'il ne pourra pas te l'accorder et ainsi tu

n'auras ni à lui désobéir ni à l'épouser !

Alors, la Princesse retourna au château et, d'une voix tremblante,

elle réclama au roi la peau de son âne.

Le roi fut extrèmement étonné d'une telle demande, mais plus

encore la princesse fut surprise de le voir accepter.

-Que ferais-je pour toi , ma Princesse, pour qu'enfin tu consentes à

devenir ma femme, soupira t-il !

Et il ordonna à ses hommes d'aller chercher la peau de son âne

pour en faire don à sa fille.

Cette fois-là, la Princesse n'eut pas à courir vers la forêt.

Sa marraine était venue et assistait sans sourciller à cette étrange

scène.

Une fois seules, la Princesse et la fée Lilas, cette dernière s'approcha

et lui glissa à l'oreille.

-Tout se passe comme il faut. Voici maintenant pour toi un

extraordinaire déguisement pour quitter le château dès cette nuit.

Vêts-toi de cette peau d'âne et attends au coin de l'allée près de la

forêt, un carrosse te conduira loin d'ici et tu ne craindras plus ni de

désobéir à ton père, ni de l'épouser. Emporte aussi avec toi cette

baguette magique.

Lorsque tu voudras faire apparaître la malle qui contient tes robes

et tes bijoux, tu n'auras qu'à taper trois petits coups de baguette et

elle apparaîtra.

La Princesse, toujours confiante dans les conseils de sa Marraine,

fit comme elle lui avait dit, et à la nuit tombée, vêtue de la peau

d'âne elle prit la baguette magique et se rendit au bout de l'allée

où un carosse l'attendait.

Le carosse la mena fort loin puis s'arrêta. Elle en descendit et à

pied, elle continua sa route sans bien savoir jusqu'où cela

l'entrainerait.

 

         

LE CHEVAL

ENCHANTE

 

Il y a bien longtemps, le roi de Perse avait l'habitude

de recevoir le premier jour de l'année tous ceux qui

souhaitaient  le voir. Une année, un Indien, tenant par

la bride un cheval, se prosterna devant son trône.

"Majesté, dit-il, je voudrais vous présenter une merveille

que j'ai construite après des années de travail.

Ce cheval est mécanique : il peut voler et transporter

l'autre bout du monde et en un instant celui qui le monte".

Le jeune prince Firouz qui se tenait près de son père,

s'écria : "Je veux essayer ce cheval !"

Et sans même chausser les étriers, il bondit sur la selle.

"Pour le mettre en marche, Altesse, il vous suffit d'appuyer

sur le bouton à droite, contre le pommeau de la selle, puis..."

L'inventeur n'eut pas le temps de terminer son explication.

Le Prince avait déjà appuyé sur le bouton. D'un bond, le

cheval s'élançait dans les airs et disparaissait.

"Misérable ! s'écria le roi. Tu n'as même pas expliqué à mon

fils comment revenir. Si dans trois jours le Prince n'est pas de

retour, je te ferai trancher la tête. Gardes, jetez-le en prison !"

Pendant ce temps-là, le jeune prince, ébahi, survolait plaines,

montagnes, villes et villages.

Il arriva près d'un palais maginfique au milieu de jardins et de

fontaines. Le jeune homme parvint à se poser doucement

dans un bosquet d'amandiers.

"Il vaut mieux attendre que la nuit soit tombée, il faut être

prudent, je peux avoir atterri dans un royaume ennemi."

Lorsqu'il fit nuit noire, il s'approcha du palais. Par l'une

des fenêtres, à la faible lueur d'une lampe à l'huile, il vit

une ravissante jeune fille qui dormait. Firouz, émerveillé,

retenait son souffle mais une brise légère réveilla la jeune

fille.

"Qui êtes-vous ? demanda-t-elle avec grâce. Je sui Fleur

de Lune, la fille du roi du Bengale.

- Et moi, je suis Firouz, le fils du roi de Perse.

- Vous me paraissez bien fatigué, si vous le désirez,

je vais vous faire préparer une chambre pour la nuit. "

La jeune fille fit tinter une clochette d'or ; des servantes

entrèrent.

"Accompagnez le Prince dans les appartements bleu azur,

dit-elle. Vous devez être épuisé, Prince, bonne nuit !"

Troublé par la vision de la princesse, Firouz ne put trouver

le sommeil. Le lendemain matin, il lui raconta toute son

aventure et ajouta :

"Je souhaite ardemment rentrer dans le royaume de mon

père, mais mon voeu le plus cher serait que vous m'y

accompagniez et que vous deveniez mon épouse."

Fleur de Lune accepta et les deux jeunes gens montèrent

sur le cheval mécanique sans rien dire à personne.

Lorsque le roi de Perse vit revenir son fils avec cette belle

fiancée, il fut au comble de la joie.

"Que l'on prépare un grand banquet de noces, que l'on fasse

sortir l'inventeur de prison et qu'il disparaisse à tout jamais."

Vexé, l'inventeur jura de se venger. Il se fit conduire dans les

appartements de la princesse. Sans méfiance, celle-ci

l'accompagna sur la terrasse du palais. Brusquement, il la

saisit dans ses bras, l'installa en croupe sur son cheval

mécanique et disparut avec elle dans les airs.

Apprenant la nouvelle, le prince Firouz, après un premier

moment de désepoir, se promit de la retrouver et, aussitôt,

il se mit en route. Cependant l'inventeur et la princesse

arrivaient dan sle royaume du Cachemire ; ils mirent pied à

terre dans une vaste forêt. "Attendez-moi là, dit l'homme,

je vais chercher de quoi manger."

La princesse se mit à sangloter de désespoir.

Ses cris attirèrent le roi du Cachemire qui chassait avec ses

courtisans. Elle se jeta aux pieds du roi : "Sauvez-moi,

supplia-t-elle, je viens d'être enlevée par un misérable".

A ce moment précis, l'homme revint. Les chasseurs s'en

saisirent et malgré ses protestations lui tranchèrent la gorge.

La princesse remerciera son sauveur et lui demanda de faire

porter dans son palais le cheval mécanique. Le roi, émerveillé

par sa beauté, se jura de le retenir dans son royaume par

tous le smoyens. Il fit donner en son honneur des fêtes et des

banquets somptueux. Mais la princesse dépérissait à vue

d'oeil : elle ne pensait qu'au pricne Firouz. Lorsqu'il entendait

prononceer son nom, le roi du Cachemire était fou de colère

et de jalousie.

"Je vous ai sauvé la vie, cela me donne tous les droits sur

vous. Si vous ne consentez pas à m'épouser, vous ne resterez

enfermée ici pour toujours."

Désespérée, la jeune fille eut recours à la ruse : elle fit semblant

de devenir folle.

Lorsque le roi venait la voir, elle huralit en tapant du pied.

Stupéfait de c ebrusque changement, le roi fit venir les plus

illustrés médecins du royaume. Mais aucun ne parvint à guérirf

la princesse.

Pendant ce temps-là, le pricne Firouz, qui voyageait sans se faire

reconnaître, était arrivé dans la capitale du Cachemire. Les gens

ne parlaient que d'une chose : de la folie de la malheureuse

princesse. Firouz se dit : "Je ne peux pas la laisser dans cet état.

Je vais la ramener dans le royaume de son père et je la guérirai

par mes soins et mon amour."

Il se colla au menton une fausse barbe, s'habilla d'une longue robe

comme celles que portaient les médecins et se présenta au palais.

En le voyant, la princesse poussa des cris stridents.

"Laissez-nous seuls", dit le prétendu médecin. Il arracha sa fausse

barbe et les deux fiancés tombèrent dans les bras l'un de l'autre.

"Il faut nous échapper. J'ai une idée, dit Firouz, laisse-moi faire."

Firouz alla trouver le roi qui l'attendait avec impatience.

"La jeune fille est victime d'un enchantement maudit. Faites porter

le cheval mécanique demain sur la grand-place et faites-y dresser

un bûcher. Je briserai le maléfice en brûlant le cheval et la Princesse

sera guérie."

Dès le lendemain, il fit ce que le faus médecin avait demandé.

Firouz fit monter la princesse sur le cheval, alluma le bûcher et y

lança de la poudre noire en prononçant des formules magiques.

Une énorme fumée se répandit dans l'air en volutes de mille

couleurs. Et le roi du Cachemire, le nez en l'air, vit avec stupeur, le

cheval mécanique qui s'élevait au-dessus- de la fumée, emportant

Firouz et Fleur de Lune vers la liberté et le bonheur.

 

         

LES VOYAGES DE GULLIVER

 

Il était une fois en Angleterre, en l'an mil sept cent douze, un jeune

homme qui s'appelait Gulliver. Il n'avait qu'une passion :

Les voyages en mer. Un jour, alors qu'il s'était embarqué à bord

de l'Antilope pour les mers du Sud le navire fit naufrage et il ne

resta qu'un seul survivant : GULLIVER.

Après avoir nagé des jours et des nuits, le jeune homme atteignit

la plage d'une île qui lui sembla déserte.

Epuisé, il tomba dans un profond sommeil.

Mais lorsqu'à son réveil, il voulut se lever, il s'aperçut que tous les

membres étaient solidement attachés au sol, et qu'il était ficelé

de la tête aux peids comme un saucisson.

"Au secours, libérez-moi !", hurla Gulliver. C'est alors qu'il découvrit

avec stupéfaction qu'il était prisonnier de minuscules personnages,

hauts d'à peine six pouces.

l'un deux, perché sur son cou, lui enfonçait la pointe aiguë de sa

minuscule épée dans une narine. Cela le chatouilla tellement qu'il

fut surpris d'un formidable éternuement.

Epouvantés, tous les petits êtres se dispersèrent rapidement.

Mais après quelques instants, les moindres farouches

s'approchèrent à nouveau et installèrent plusieurs échelles tout

contre Gulliver.

Bientôt une multitude de petits hommes chargés de paniers pleins

de victuailles, préparés sur ordre du roi, se mettaient en marche

vers la bouche du naufragé. Le roi, qui s'était hissé sur le bas de

sa jambe, s'avança jusqu'au visage de Gulliver, suivi d'une dizaine

de ses gens.

Là, se plaçant tout près de son visage, il dit : " Nous te saluons,

Ô Hommes-Lomtagne, sois le bienvenu au pays des Lilliputiens.

Nous te traiterons ici avec de grands égards, mais sache que

tu nous plonges dans un embarras, car ton appétit peut ruiner

notre pays. Nous avons tenu conseil, certains parlèrent de te laisser

mourir de faim, ou de te cribler le visage et les mains de flèches

empoisonnées, mais ton cadavre, en se décomposant, ne pourrait

qu'infester la capitale et empuantir tout le royaume.

Nous te proposons donc ceci :

délivre-nous de la guerre qui dure depuis trente-six lunes avec le

peuple des Blefuscu et nous te rendrons la liberté.

- Assurément, mais quelle est l'origine de cette guerre ?

- Voici. Chacun sait que pour manger un oeuf à la coque on le casse

par le gros bout. Or il advint que l'aïeul de notre empereur actuel,

alors qu'il était enfant, voulut manger un oeuf. Mais en le cassant

de façon traditionnelle, il se fit une entaille au doigt.

Sur quoi l'empereur publia un édit ordonnant à tous ses sujets, sous

peine de sanctions les plus graves, de casser leurs oeufs par le

petit bout.

Cette loi fut tellement impopulaire qu'elle provoqua six récoltes,

dans lesquelles un de nos empereurs perdit la vie, un autre sa

couronne.

On estime à onze mille au total le nombre de ceux qui ont préféré

mourir plutôt que de céder leurs oeufs par le petit bout.

Les Blefuscudiens profitèrent de ces soulèvements pour nous

envahir et kidnappèrent la moitié de notre population.

Depuis, une guerre sanglante met aux prises les deux empires.

Aujourd'hui l'ennemi s'apprête à débarquer sur nos côtes.

C'est pourquoi je mets toute ma confiance en ta force et ton

courage.

Réussis et tu es libre. Les gens de l'Empereur l'emmenèrent

dans un antique temple, estimé le plus vaste du royaume.

Là, "l'Homme-Montagne" fut à nouveau attaché par quatre-

vingt une chaînes, aussi grosses que celles qui, en Europe,

pendent aux monstres des dames. On les fixa à sa jambe

gauche par trente-six cadenas. Toute la nuit Gulliver élabora

une stratégie pour anéantir la flotte ennemie. "Eurêka !", il

tenait son idée.

Le lendemain, à l'aube, il alla vers la côte nord-nest, celle qui

faisait face à Blefuscu, et là, à plat ventre derrière une colline,

il déploya sa longue vue pour examiner la flotte ennemie. Elle

était forte de plus de cinquante minuscules vaisseaux de

guerre et de nombreux navires de transport.

Rentré à Lilliput, Gulliver donna des ordres pour qu'on lui

apportât des cables très forts et des barres de fer. Les câbles

n'étaient que de minces ficelles et les barres avaient la longueur

et l'épaisseur des aiguilles à tricoter de chez nous. Il courba ces

dernières pour en faire des crochets et les fixa aux cables avant

de retourner vers la flotte de débarquement du peuple de Blefuscu.

Il entra dans l'eau, qui lui arrivait à peine à la poitrine, et

s'approcha rapidement des ennemis.

A sa vue ceux-ci furent saisis d'une telle frayeur qu'ils s'enfermèrent

tous dans leus minuscules cabines. Gulliver prit alors son attirail fixa

chaque crochet à la proue d'un navire et fit un gros noeud de tous

les câbles. Après quoi il empoigna tous et plus aisément du monde,

se mit à remorquer cinquante des plus aisément du monde, se mit

à remorquer cinquante des plus grands vaisseaux de guerre ennemis.

Les Blefuscudiens qui observaient la scène du rivage et qui n'avaient

rien deviné de ses projets restèrent tout d'abord stupéfaits, comme

paralysés par la surprise. Lorsqu'ils virent la flotte tout entière

s'éloigner derrière Gulliver, ils poussèrent un cri déchirant de détresse

et de désespoir.

Mais celui-ci s'en allait tranquillement vers le port de Lilliput. "Hourra !

Hourra ! ", s'écrièrent les Lilliputiens lorsqu'ils aperçurent l"Homme-

Montagne". L'Empereur l'accueillit sur le rivage en le couvrant d'éloges

inépuisables, et lui conféra à l'instant même la dignité de Nardac,

qui était leur plus haut titre de noblesse.

Environ trois semaines après cet exploit, une ambassade solennelle

arriva à Blefuscu pour demander la paix. On organisa de grandes

festivités. Gulliver n'y assista pas. Ayant recouvré la liberté, il s'était

construit un bateau et s'en était retourné chez lui.

Encore aujourd'hui, une statue de Gulliver le héros,

l'"Homme-Montagne" trône sur la place centrale de Lilliput.

 

         

FREROT ET SOEURETTE

 

Il était une fois, un frère et une soeur orphelins qui vivaient

misérablement chez leur belle-mère.

Celle-ci les battait et ne leur donnait presque rien à manger.

"Nous ne pouvons plus vivre ainsi. Il faut quitter cette maison

où tout le monde nous déteste", dit Frérot à Soeurette. C'est

ainsi qu'un beau matin, ils partirent à travers champs, serpentant

les routes caillouteuses.

Le soir venu, épuisés, ils s'endormirent dans un arbre creux en

pleine forêt.

A leur réveil, le soleil était déjà haut, dans le ciel.

"Il fait chaud et j'ai bien soif, dit Frérot. Il me semble entendre

le murmure d'une fontaine. Allons voir de plus près." Mais les deux

enfants ne se doutaient pas que leur méchante belle-mère, qui avait

le pouvoir d'une sorcière, les avait suivis dans leur fuite.

Elle s'était cachée derrière les arbres et avait ensorcelé toutes

les sources de la forêt. Quand Frérot voulut boire au ruisseau,

sa soeur entendit l'eau qui chuchotait :

"Qui boit de mon eau est changé en panthère."

"Surtout, ne bois pas ! cria-t-elle à son frère. Tu vas être changé en

panthère et tu me dévoreras !"

Frérot alla vers une autre source. Celle-là disait : "Qui boit de mon eau

sera changé en loup."

Il résista encore à son envie de boire. Puis à la fin, n'y tenant plus,

il se pencha sur un troisième ruisseau qui sussurait : "Si tu bois de

mon eau, tu seras changé en faon."

N'écoutant plus l'avertissement il se mit à boire  et, ce qui avait

été prédit arriva : il fut changé en un ravissant petit faon.

"Ne pleure pas, Frérot, je ne t'abandonnerai jamais, lui dit Soeurette,

attristée.

Regarde là-bas, cette maisonnette abandonnée, nous allons nous y

réfugier et nous vivrons cachés".

Elle lui confectionna une litière moelleuse avec des feuilles et de la

mousse et, chaque matin, elle partait cueillir de quoi manger dans

la forêt. Comme la vie aurait été belle si Frérot avait encore eu son

appparence humaine !

Il advint que le roi mena une grande chasse à courre dans la forêt.

Le son du cor fit bondir de joie le faon. Il supplia sa soeur de le laisser

aller voir les chevaux et les chiens.

Elle lui promit de ne pas se faire attraper par les chasseurs.

La jeune fille le laissa partir à contre-coeur.

Le soir même, il rentra au logis après avoir frappé à la porte avec

sa petite patte et prononcé les mots convenus :

"Petite soeur, ouvre-moi !"

Le roi, qui avait aperçu le ravissant animal, recommanda à ses gens

de ne lui faire aucun mal et il le suivit jusqu'à la maisonnette. Il l'entendit

frapper et parler de sa douce voix.

Alors, le lendemain, devançant le faon, il frappa à la porte et, prenant

la voix de ce dernier, il dit : "Petite soeur, ouvre-moi."

Soeurette croyant qu'il s'agissait de son frère, ouvrit sans méfiance.

Devant elle, se trouvait un beau jeune homme, coiffé d'une couronne

d'or. Le roi, ébloui par la beauté de la jeune fille lui dit aussitôt :

"Acceptez-vous de venir vivre avec moi dans mon château et de

m'épouser ?".

La jeune fille très émue, donna son accord et ajouta : "Mais il faut

emmener avec nous le petit faon, car il ne me quitte jamais.

- Qu'il vienne avec nous", dit le roi.

Et il plaça la demoiselle sur son cheval et la conduisit au château

où leurs noces furent célébrés en grande pompe.

Ils vécurent heureux tous les trois, car le petit faon était choyé,

dorlolé et gambadait librement dans le parc du château.

La méchante marâtre qui les croyait morts, finit par apprendre

qu'ils  vivaient dans un bonheur parfait. Elle voulut se venger et

se jura de les supprimer.

Le temps passa et la jeune reine mit au monde un beau bébé alors

que le roi était à la chasse.

La sorcière, qui apprit la nouvelle, s'introduisit au château en

compagnie de sa fille qui était fort laide, déguisées en femme de

chambre. Les deux créatures préparèrent un bain bouillant pour

la jeune reine, et elles l'enfermèrent dans la salle de bain pour la

faire périr étouffée par la vapeur. Puis la vilaine fille se coucha

dans le lit de la reine en prenant soin de remonter bien haut les

remontures.

Lorsque le roi revint la chasse, il désira voir son épouse et son

enfant. La vieille sorcière lui barra le chemin :

"Ne la réveillez surtout pas. Majesté ! Elle est lasse comme une

jeune maman, mieux vaut ne pas la déranger".

Le roi se retira sans savoir qu'une femme de mauvais esprit s'était

glissée dans le lit de son épouse.

A minuit, une apparition ressemblant à la reine entra dans la

chambre. Elle prit le bébé dans ses bras, lui donna le sein, cajola

le petit faon et disparut. La nourrice qui veillait près du berceau,

héberluée, n'osa rien dire à personne.

Plusieurs nuits de suite, l'apparition revint à la même, fit les mêmes

gestes sans même prononcer un seul mot. Puis une nuit, elle

pénétra dans la chambre et se mit à parler ainsi :

"Comment va mon enfant ?"

Comment va mon  faon ? Ce soir encore, je viens pour ne jamais

revenir."

Le roi ne put se contenir : il s'élança vers elle en lui disant ces mots :

"Vous ne pouvez être que ma femme chérie pour parler de la sorte.

- Oui, c'est bien moi." lui répondit l'apparition.

Au même instant, elle recouvrit la vie et redevine fraîche et rose

comme par le passé.

Les gardes se saisirent de la vilaine fille qui restait obstinément

couchés dans le lit et allèrent la perdre dans la forêt.

L'afreuse belle-mère, confondue à son tour, fut jeté dans un brasier,

malgré ses cris.

Dès qu'elle fut réduite en cendres, le petit faon retrouva sa forme

humaine. L'ensorcellement était brisé. Et Frérot et Soeurette

vécurent heureux ensemble jusqu'à la fin de leurs jours.

 

         


Samedi 19 Octobre 2019


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